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Gafsa – Ramadan : Entre ferveur, frénésie et… calculs

  • 15 février 18:45
  • 3 min de lecture
Gafsa –  Ramadan : Entre ferveur, frénésie et… calculs

Le paysage des préparatifs en prévision du mois de Ramadan à Gafsa est en pleine mutation. Si l’odeur des épices domine toujours les souks, le pilon et le mortier de nos grands-mères cèdent peu à peu la place au prêt-à-consommer.

Dans ce contexte où le temps presse et où le budget s’érode, les consommateurs délaissent le marché central pour se réfugier dans les circuits de quartier, cherchant désespérément l’équilibre entre la piété du mois saint et la réalité des prix

La Presse — À l’approche du mois saint, un vent de frénésie souffle sur les marchés. Ce rituel annuel, mélange de piété et de logistique domestique, prend cette année une tournure particulière. Si l’esprit reste au partage, la stratégie de consommation, elle, s’adapte à un contexte économique mouvant.

Une anticipation sans précédent

Contrairement aux années précédentes où l’effervescence ne commençait qu’à la veille du croissant lunaire, la ruée sur les étals a débuté cette fois-ci avec une avance notable. Ce n’est plus seulement la tradition qui guide les pas des chefs de famille, mais une certaine appréhension. Face à l’inflation persistante, beaucoup ont choisi de s’équiper tôt, craignant de voir les prix s’envoler une fois entamé le mois du jeûne.

Le règne des épices « prêtes à l’emploi »

Au cœur des couffins, les épices se taillent la part du lion. Signe des temps et de l’évolution des modes de vie : le broyage domestique du poivre, du curcuma ou du piment se raréfie. Là où les grands-mères passaient des journées à trier et moudre les arômes, les familles d’aujourd’hui privilégient les mélanges déjà préparés. Ce changement de consommation explique l’affluence record devant les échoppes de produits de base, devenus le passage obligé pour garantir les saveurs de la soupe ou du couscous.

Le paradoxe des prix : entre pluies et spéculation

Une zone d’ombre subsiste cependant sur le tableau des préparatifs : le coût des produits frais. Malgré les récentes pluies salvatrices qui ont arrosé la région et qui auraient dû favoriser une baisse des prix des produits agricoles, certains légumes affichent des prix exorbitants.

Pourtant, les brigades de contrôle économique multiplient les tournées pour traquer les dépassements. Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe : certains commerçants peinent à jouer le jeu de la régulation, créant un décalage flagrant entre l’abondance des ressources et les étiquettes affichées.

Les marchés ambulants et de quartier : le salut des bourses

Face à la cherté du marché central, les Gafsiens ont trouvé la parade. On observe un véritable report de la clientèle vers les marchés ambulants. Véritables refuges pour le pouvoir d’achat, ils proposent des tarifs nettement plus abordables que les structures fixes. Il y a aussi les petits marchés de quartier : un phénomène nouveau qui prend de l’ampleur avec l’éclosion de points de vente improvisés au cœur même des zones résidentielles.

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Auteur

Hafedh Trabelsi

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