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Culture

Kairouan – les manuscrits écrits sur du parchemin : Une collection unique…

  • 15 février 17:45
  • 5 min de lecture
Kairouan – les manuscrits écrits sur du parchemin : Une collection unique…

L’ensemble de ces ouvrages écrits sur du parchemin a été constitué en legs au profit de la Grande Mosquée de Kairouan par des princes, dignitaires et hommes de lettres.

Cette pratique a contribué énormément à la propagation de l’enseignement et de la culture dans les différentes couches sociales et les contrées les plus éloignées du pays.

La Presse — Tous les manuscrits de l’ancienne bibliothèque de la Grande Mosquée Okba ont été transcrits il y a longtemps, puis versés au Musée national des arts islamiques de Raqqada. Beaucoup ont été exposés dans différentes salles aménagées, d’autres ont été bien gardés dans des endroits aérés et secs, en vue de les restaurer.

Notons que le plus ancien manuscrit date de l’année 231H /845 J.-C. Il s’agit de cahiers et livres de jurisprudence et de sciences religieuses en rapport avec le rite malékite. L’ensemble de ces ouvrages écrits sur du parchemin a été constitué en legs au profit de la Grande Mosquée de Kairouan par des princes, dignitaires et hommes de lettres.

Cette pratique a contribué énormément à la propagation de l’enseignement et de la culture dans les différentes couches sociales et les contrées les plus éloignées du pays. Dr Mourad Rammah, président de l’ASM de Kairouan, nous précise dans ce contexte que la forme de ces Corans est généralement oblongue.

Leur ornementation, à l’origine, distinguait le titre de la sourate par une couleur différente de l’écriture noire ordinaire. « A partir de la fin du IXe siècle, ce titre, dont l’écriture devient dorée, est placé dans une plate-forme qui se termine par une palmette se projetant dans la marge. Au cours des Xe et XIe siècles, des frontispices et des enluminures ornées de formes géométriques et florales commencèrent à apparaître et à occuper toute une page d’un Coran.

Une autre méthode, plus élégante et plus coûteuse, consiste à tracer les pourtours des lettres à l’aide d’une plume très fine ; par la suite, le calligraphe recouvre toutes les lettres d’une encre dorée… A partir de l’époque hafside, l’ornementation ifriqiyenne, tout en gardant les mêmes genres, fut influencée par le répertoire hispano-mauresque, composé essentiellement de formes purement géométriques (hexagones, étoiles), ajoute Dr Rammah. Et parmi les plus beaux spécimens de Corans légués par la bibliothèque de la Grande Mosquée de Kairouan, Dr Rammah nous précise qu’il s’agit du fameux Coran de la Hadira, qui fut constitué en legs au profit de la Grande Mosquée de Kairouan en 410 H / 1020 J.-C.

par la gouvernante du prince ziride Badis, formé de plus de 5.000 feuillets de grand format et écrit sur du vélin. Il fut copié, enluminé et relié par le calligraphe Ahmed Ibn al-Warraq. Un autre Coran encore plus célèbre est « le Coran bleu », copié sur du vélin et teint à l’indigo ; son écriture koufique est dorée. Il date du IVe s.H. / Xe s.J.-C. Contrairement à certaines opinions, Dr Mourad Rammah estime que les différents feuillets du Coran bleu, éparpillés dans le monde, ne proviennent pas d’un Coran qui se trouvait à Mashhad en Iran, mais sont tous originaires de Kairouan. En effet, leurs dimensions, leur nombre de lignes leurs matières et caractères sont identiques à ceux du Coran bleu de Kairouan, dont l’écriture coufique est définitivement attestée comme étant d’origine maghrébine.

On ne peut prétendre que tous les manuscrits des corans de Kairouan  aient été écrits dans cette ville bien qu’on sache que Kairouan était, à l’époque, un centre culturel de grand rayonnement. Certains types de calligraphie et la majorité des motifs d’ornementation sont non  seulement semblables, mais identiques à ceux que l’on trouve au Yemen, en Egypte ou à Bagdad, pour la même période. Le doute est d’autant plus grand que l’on a perdu les derniers feuillets de ces corans qui portent, généralement, le nom du copiste. Il est à remarquer que ces grands types de calligraphie de dorure et d’ornementation, répandus dans la plupart des provinces islamiques, étaient presque uniformisés, à l’instar du style impérial.

Par ailleurs, l’ancienne bibliothèque de la Grande Mosquée comptait des manuscrits relativement récents écrits entre le XVe et le XIXe siècle. Ce sont des corans écrits sur du papier et des livres de théologie, de grammaire et de rhétorique. La plupart de ces ouvrages ont été constitués en legs au profit de la Grande Mosquée, la Medrasa «Sahabiyya» et la Medrasa «Ghariyaniyya». S’y ajoutent, en fin, des ouvrages offerts par les familles kairouanaises versées dans les sciences telles les Bouras, les Saddem et les Adhoum», conclut Mr Mourad Rammah.

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Auteur

Fatma ZAGHOUANI

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