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Economie

« Omra » et tourisme spécialisé tunisien : Une opportunité pour le commerce, l’artisanat et l’emploi

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  • 15 février 19:15
  • 5 min de lecture
« Omra » et tourisme spécialisé tunisien : Une opportunité pour le commerce, l’artisanat et l’emploi

Le tourisme religieux, et en particulier la « Omra », constitue un segment à fort potentiel pour l’économie tunisienne.

Il dynamise les agences de voyages, stimule les services de transport et génère des opportunités pour le commerce et l’artisanat, tout en générant des emplois et en soutenant les entreprises locales tout au long de l’année.

La Presse — La « Omra » constitue aujourd’hui l’un des piliers du tourisme religieux en Tunisie. Elle contribue de manière directe au soutien de l’activité économique. Bilel Lajmi, président du comité « Al-Omra » à la Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien, a déclaré que cette activité représente un levier important pour plusieurs secteurs, notamment les agences de voyages spécialisées et les commerces connexes, tels que l’habillement, les cadeaux et les produits traditionnels.

Selon lui, cette dynamique soutenue permet d’augmenter les entrées de devises en Tunisie, grâce aux dépenses effectuées auprès des agences, compagnies aériennes et prestataires locaux qui organisent et accompagnent les voyages de la Omra. Cette activité génère des emplois directs et saisonniers et stimule l’activité économique, d’autant plus que la participation des Tunisiens à la « Omra » ne cesse de croître.

Des activités commerciales connexes

Il a souligné que plusieurs retombées économiques peuvent être observées à travers la « Omra » et ses activités associées, à commencer par la relance du transport et du tourisme. En effet, les périodes de la « Omra » enregistrent une activité intense pour les compagnies aériennes, notamment Tunisair, ainsi que pour les agences de voyages agréées. Les programmes de la « Omra » génèrent des flux réguliers de devises et contribuent à la diversification du produit touristique, en jouant ainsi un rôle non négligeable dans l’absorption du chômage.

Par ailleurs, Bilel Lajmi a affirmé que la « Omra » stimule également les activités commerciales connexes. Avant et après les départs, les marchés du prêt-à-porter, des parfums et des produits traditionnels connaissent une hausse sensible de la demande, ce qui se traduit par une augmentation des transactions commerciales et un soutien concret à l’activité de nombreux commerçants et artisans.

Également, il s’agit de l’impact sur la balance des paiements. Il a estimé que les services de transport, d’hébergement et les prestations liées aux voyages religieux participent à l’entrée de devises et contribuent ainsi à atténuer la pression sur la balance des paiements tunisienne. Cette contribution s’inscrit dans un contexte où les recettes touristiques en Tunisie ont dépassé les 7 milliards de dinars en 2024. Le tourisme religieux, incluant la « Omra » et le « Hajj », s’impose comme un segment à fort potentiel au sein de ce secteur stratégique.

Globalement, Lajmi a ajouté que la « Omra » représente un levier complémentaire important du système touristique tunisien, apporte des ressources financières régulières et soutient l’activité des entreprises tout au long de l’année.

Toutefois, le président du comité « Al-Omra » a insisté sur la nécessité de renforcer la supervision et la régulation du secteur, notamment à travers la révision des conditions d’agrément des agences, l’intensification des programmes d’information et de sensibilisation à destination des pèlerins, ainsi qu’un meilleur encadrement juridique. Ces mesures visent à garantir les droits financiers et physiques des bénéficiaires et à leur permettre d’accomplir la « Omra » dans des conditions sûres et conformes à la législation en vigueur.

Mise en garde

Il a également mis en garde contre le recours persistant de certains pèlerins à des intermédiaires non agréés, attirés par des promesses souvent trompeuses.

Cette situation engendre des litiges liés à l’hébergement, au transport et à la qualité des prestations. L’absence de contrats écrits demeure particulièrement préoccupante, car elle affaiblit les garanties des pèlerins en cas de litige et ouvre la voie à des pratiques irresponsables et contraires aux normes du secteur.

Dans ce contexte, Bilel Lajmi a conclu que la promotion des voyages de la « Omra » peut générer d’importantes opportunités économiques pour les petites et moyennes entreprises et favoriser la création d’emplois dans le secteur du tourisme. Cette activité dynamise les agences de voyages de catégorie « A », les compagnies de transport aérien et terrestre, ainsi que les services d’encadrement religieux. Elle offre également des opportunités d’emploi aux encadrants religieux, au personnel des agences et aux professionnels du transport et de la logistique.

Enfin, le développement de la « Omra » peut être renforcé par la valorisation du tourisme religieux local, notamment à travers la visite de sites emblématiques, tels que la mosquée de la « Zitouna » et de la mosquée « Oqba Ibn Nafaâ » de Kairouan, ce qui contribue à l’impulsion des maisons d’hôtes et des structures d’hébergement.

Ces perspectives restent toutefois conditionnées par le respect strict des cadres contractuels et juridiques, la lutte contre les intermédiaires non agréés, la sélection rigoureuse des encadrants religieux et le renforcement de la coordination interministérielle, afin d’assurer des services de qualité et de protéger les pèlerins.

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Auteur

Sabrine AHMED

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