Préservation du patrimoine archéologique et culturel de Tabarka : Une question d’engagement
La situation à Tabarka est plutôt confuse. Le potentiel archéologique, culturel et touristique est en train de s’affaiblir rapidement, faute d’engagement et d’implication de la part de certains responsables locaux et régionaux.
Pourtant, le Chef de l’Etat ne cesse, à chaque fois, de donner sa pleine mesure à la préservation et à la protection du patrimoine historique et civilisationnel des régions et de garantir ainsi leur équilibre naturel.
La Presse — La ville du Corail vient de perdre, du moins temporairement, l’un de ses principaux symboles: suite à un glissement de terrain, la route et le sentier touristique des Aiguilles ont été annoncés à haut risque, pour être, ainsi, fermés.
Ce qui désole réellement, ce n’est pas la fermeture en soi, mais plutôt l’indifférence de ces soi-disant responsables qui, bien conscients de la dégradation progressive et grave de ce site exceptionnel, n’ont pas réussi à prendre les dispositions nécessaires et éviter, du coup, cet aboutissement malheureux. Une question d’anticipation ou, peut-être bien, de volonté !
Un coup dur donc qui prive les habitants de la ville du Corail, tout comme ses visiteurs, d’un repère touristique incontournable.
Et il faut reconnaître que le gaspillage des richesses, la défiguration des sites d’exception et la dévalorisation du patrimoine archéologique de la région sont devenus, en quelque sorte, une spécialité et même un art pour les premiers responsables de cette région.
Il suffit, en tout cas, de faire un simple parallèle entre Tabarka des années 80-90 et celle d’aujourd’hui pour mesurer l’ampleur du gâchis.
Un gaspillage généralisé
Tous les appels de restauration, de sauvetage et de revalorisation n’ont jamais eu un écho positif. Nos représentants, presque dans leur ensemble, agissent selon une logique d’oisiveté et d’indifférence.
Ils sont, justement, beaucoup plus intéressés par le partage des responsabilités et des privilèges que par l’intérêt général de la région, ce qui justifie cette dégradation progressive et préoccupante de la ville et de ses sites historiques.
C’est d’ailleurs ce désengagement pénalisant qui a amené le conseil local, mis en place depuis presque deux ans, à rompre, le 10 janvier dernier, toute collaboration avec certains services administratifs et autres responsables régionaux qui s’éloignent de plus en plus des problèmes réels de la ville et continuent à surfer dans les généralités.
Le cas des Aiguilles est loin d’être isolé. Le Fort génois, autre monument historique non seulement de la région mais de tout le pays, et après de longues années de gloire, est exposé aujourd’hui, selon certains spécialistes, à un risque très élevé de «ruine forte», faute de protection et de confortement.
Ce qui désole encore plus, c’est que le gâchis ne se limite pas au potentiel patrimonial de la ville. Il touche également le culturel et le touristique. Une vocation, apparemment, dérangeante pour certains.
On se rappelle, comme on l’a déjà soulevé à plusieurs reprises, l’annulation du festival international de la photo sous-marine, «Corali’s», ou encore ceux du Jazz, du «Latinos» et du «Rai», alors qu’ils ont fait de la ville du Corail une destination musicale et touristique internationale de choix.
Autant d’éléments qui ont fini par transformer Tabarka en une ville triste et esseulée.