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Changement climatique : un hiver 2026 marqué par des vents violents inhabituels

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  • 16 février 11:39
  • 4 min de lecture
Changement climatique : un hiver 2026 marqué par des vents violents inhabituels

La Tunisie a enregistré, durant l’hiver 2026, des épisodes météorologiques d’une intensité inhabituelle, marqués par des vents violents et plus fréquents que la normale saisonnière. Les journées du 12 février et, dans une moindre mesure, du 15 février, ont particulièrement retenu l’attention des spécialistes, selon le climatologue et universitaire Jamil Hajri.

Dans une déclaration à la TAP, l’expert a estimé que ces événements confirment les projections climatiques annonçant une hausse de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes, considérés comme l’une des manifestations les plus visibles du changement climatique en Tunisie.

Une configuration atmosphérique inhabituelle

Traditionnellement, la circulation atmosphérique hivernale en Tunisie est dominée par un flux d’ouest, sous l’influence de centres d’action dynamiques comme l’anticyclone des Açores et la dépression d’Islande. Or, le 12 février, la situation s’est démarquée par une circulation méridienne inhabituelle.

Selon Jamil Hajri, une dépression très creuse, atteignant 979 millibars, s’est positionnée à l’ouest de Varsovie, en Pologne, générant un fort gradient de pression de 51 millibars. Cette configuration a accéléré les vents et favorisé des flux froids et puissants en provenance du nord de l’Europe, provoquant des conditions météorologiques extrêmes sur le territoire tunisien.

La journée du 15 février a présenté une configuration similaire. Pour l’expert, cette répétition traduit une augmentation de la fréquence des circulations méridiennes au détriment du flux zonal classique de la saison hivernale.

« Les modèles prospectifs ont déjà mis en évidence ces caractéristiques, qui semblent désormais s’imposer comme une composante structurelle de notre climat », a-t-il souligné.

Changement climatique en Tunisie : un défi pour le développement

Face à ces évolutions climatiques, le spécialiste considère que les impacts du changement climatique représentent un défi majeur pour le développement économique et social du pays. Il plaide pour l’adoption progressive d’un modèle de développement sobre en carbone et résilient face aux phénomènes météorologiques extrêmes.

La Tunisie devra notamment faire face à des pressions accrues sur ses ressources hydriques, un enjeu stratégique dans un contexte de sécheresses répétées et de variabilité accrue des précipitations.

Vers une stratégie climatique nationale à l’horizon 2050

Pour répondre à ces défis, Jamil Hajri recommande que la stratégie climatique nationale à l’horizon 2050 repose sur deux piliers essentiels :

le renforcement des connaissances scientifiques sur le climat en Tunisie ;

l’instauration d’une gouvernance climatique efficace et intégrée.

Parmi les priorités évoquées figurent l’amélioration de la compréhension des tendances climatiques et des phénomènes extrêmes, la définition de priorités sectorielles de recherche, ainsi que le renforcement des études de vulnérabilité dans une approche multisectorielle.

Sur le plan institutionnel, l’expert insiste sur l’intégration durable des enjeux climatiques dans la planification du développement, à travers une gouvernance impliquant plusieurs niveaux d’intervention.

Il appelle également à ancrer une culture de prévention et d’anticipation, notamment par la diffusion des bonnes pratiques face aux tempêtes et inondations récurrentes et par le renforcement des systèmes d’alerte précoce.

« L’adaptation aux phénomènes météorologiques extrêmes est devenue une nécessité, en particulier pour les régions et les populations les plus vulnérables », a-t-il conclu.

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Auteur

La Presse

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