Ecosystème des startups : La simplification administrative au cœur des attentes
Une étude récente consacrée à la perception des startups tunisiennes à l’égard du code de change et du futur Startup Act 2.0 met en évidence une perception globalement mitigée du cadre réglementaire actuel et fait ressortir des attentes marquées quant à la simplification des démarches administratives.
La Presse — Les résultats d’une étude portant sur la perception des startups tunisiennes vis-à-vis du code de change et du Startup Act 2.0 ont été récemment présentés par l’expert et professeur universitaire à l’IHEC, Kamel Ghazouani, lors de la clôture du programme régional « From Innovation to Creation », qui s’est tenue à la Maison de l’Entreprise.
L’enquête a été, en effet, menée auprès de 298 startups, représentant près de 25 % du total des startups actives en Tunisie, dont le nombre s’élève à 1 150. Elle a permis de dresser un état des lieux des réglementations en vigueur afin de cerner les principaux atouts et problèmes, ainsi que d’identifier leurs attentes et aspirations.
Une perception mitigée
Les résultats révèlent, dans l’ensemble, une perception mitigée et des attentes principalement liées à la simplification des démarches administratives. Près de 60 % des startups estiment que le code de change actuel n’a pas d’effet sur leurs activités, tandis que plus de 30 % affirment que les mesures qui y sont introduites constituent un atout.
Selon le Pr. Ghazouani, cette perception peut s’expliquer par la nature des activités de ces startups, qui ciblent essentiellement le marché local. S’agissant de la convertibilité des opérations courantes, environ 43 % des startuppers indiquent ne pas être concernés par certaines transactions en devises, tandis que 33 % jugent ce dispositif adapté.
La lourdeur administrative en tête des préoccupations
D’après les résultats de l’enquête, la complexité et la lourdeur administratives émergent comme des problèmes majeurs identifiés par les startuppers : 200 startups sur un total de 298 ont déclaré que la complexité des procédures administratives constitue un obstacle important.
Près de 44 % d’entre elles ont pointé des difficultés lors de l’ouverture d’un compte en devises ou de la réalisation d’opérations internationales, et près de 32 % affirment avoir rencontré des difficultés lors du paiement de fournisseurs étrangers.
L’enquête s’est ensuite intéressée à l’impact de ces difficultés sur les activités des startups. Près de 20 % d’entre elles indiquent que leur trésorerie a été affectée, tandis que 12 % déclarent que les problèmes rencontrés ont entraîné des pertes de marchés et d’opportunités de contrats avec d’autres sociétés.
Des attentes claires
Par ailleurs, l’enquête a permis d’identifier les attentes des jeunes pousses concernant une deuxième version améliorée du Startup Act, à savoir un Startup Act 2.0.
La simplification des procédures administratives figure en tête de ces attentes, suivie par un meilleur accès aux financements et la possibilité d’un accompagnement plus spécialisé.
L’assouplissement des autorisations et des procédures à l’international, ainsi que la réduction des délais de réponse, ont également été fréquemment évoqués. «Ces attentes traduisent une aspiration à libérer le potentiel et l’écosystème», a déclaré le Pr. Ghazouani.
Ces attentes ont été, par ailleurs, croisées avec des mesures instaurées dans d’autres écosystèmes étrangers, où l’accent est souvent mis sur le financement, la réglementation, l’orientation et la stratégie, en vue de formuler des recommandations susceptibles d’appuyer concrètement les startups.