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Culture

Ramadan 2026 : Une cartographie ambitieuse de la fiction arabe

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  • 16 février 19:00
  • 6 min de lecture
Ramadan 2026 : Une cartographie ambitieuse de la fiction arabe

Puissance des têtes d’affiche, audace des thématiques et renouvellement générationnel.

L’édition à venir s’annonce dense, traversée par des récits patriotiques, des fresques sociales, des comédies populaires et une présence féminine particulièrement affirmée.

La Presse — Depuis quelques semaines avant Ramadan 2026, les chaînes arabes affûtent leurs grilles avec une ambition manifeste : conjuguer puissance des têtes d’affiche, audace des thématiques et renouvellement générationnel.

L’édition à venir s’annonce dense, traversée par des récits patriotiques, des fresques sociales, des comédies populaires et une présence féminine particulièrement affirmée.

L’Égypte demeure le moteur de cette effervescence, tandis que les coproductions syro-libanaises consolident leur place stratégique dans le paysage régional.

L’Égypte, locomotive dramatique

Comme chaque année, la production égyptienne domine par sa diversité. Le registre national et sécuritaire ouvre la saison avec Les Hommes de l’Ombre : Opération Tête de Serpent, qui marque le retour d’Amir Karara après une absence remarquée.

Le feuilleton plonge au cœur des rouages de la sécurité nationale et des menaces pesant sur la stabilité du pays, dans un traitement mêlant tension dramatique et dimension politique.

La présence de Shérif Mounir et de la jeune Caroline Azmy renforce l’intérêt d’un projet qui ambitionne de conjuguer spectacle et actualité.

Dans une veine patriotique plus humaniste, Les Gens de la Terre réunit Eyad Nassar et Menna Shalaby dans un récit ancré dans le contexte de la guerre à Gaza.

Loin du seul discours géopolitique, la série explore les répercussions intimes du conflit à travers une histoire d’amour, née dans l’adversité.

Menna Shalaby, figure majeure de la scène égyptienne contemporaine, y incarne une femme prise entre engagement, douleur et espoir, confirmant son choix de rôles à forte densité émotionnelle.

Entre rires et satire sociale

La comédie conserve sa place privilégiée dans la grille ramadanesque. Ahmed Amin poursuit l’aventure de son personnage dans La Deuxième Moitié, misant sur un humour de situation qui a déjà conquis un large public.

Yasser Galal surprend avec Qui n’aime pas Mody ?, comédie légère centrée sur les tribulations quotidiennes d’un héros attachant, tandis que Karim Mahmoud Abdel Aziz propose avec Maître Samir une satire sociale située dans l’univers du tribunal de la famille.

À travers le regard d’un avocat confronté à ses propres contradictions conjugales, la série promet un mélange d’ironie et de critique sociale.

Action, suspense et figures populaires

Le Ramadan reste aussi le terrain privilégié des récits d’action. Mostafa Shaaban, dans Darsh, campe un double rôle de jumeaux dont l’un perd la mémoire, ouvrant la voie à un jeu de miroirs dramatique. Amr Saad, fidèle aux rôles de justicier populaire, incarne dans Libération un homme trahi qui tente de restaurer son honneur au cœur d’un quartier populaire.

Mohamed Adel Imam, de son côté, s’illustre dans Le King, où un homme ordinaire se retrouve pourchassé par des réseaux criminels internationaux.

Ahmed El Awdhi attire également l’attention avec Ali Clay, fresque populaire en 30 épisodes. Il y interprète un ancien boxeur vivant à Helwan, partagé entre la gestion d’un orphelinat et un commerce de pièces automobiles.

À ses côtés, la Tunisienne Dorra Zarrouk signe un retour remarqué à la fiction égyptienne, apportant une dimension transnationale à la distribution.

Le fantastique, quant à lui, reste solidement ancré dans les habitudes du public avec Al Maddah 6 : La Légende de la Fin. Ce sixième et dernier volet conclut une saga qui a su installer un univers mêlant mysticisme, croyances populaires et lutte entre forces invisibles.

La centralité des récits féminins

L’un des marqueurs forts de la saison 2026 demeure la place accordée aux trajectoires féminines. Hend Sabry porte l’un des projets les plus attendus avec Manneaa. Elle y incarne une femme issue d’un milieu populaire qui, après la mort de son mari, assume seule la responsabilité de ses enfants.

Le feuilleton explore la pression sociale, la fragilité économique et la force intérieure d’une héroïne confrontée à l’isolement. Fidèle à ses choix artistiques exigeants, Hend Sabry confirme son attachement aux personnages enracinés dans la réalité sociale.

Dans la même veine, Nelly Karim propose avec À la mesure de l’amour le portrait d’une créatrice de bijoux confrontée à des dilemmes sentimentaux et professionnels. Yasmine Abdel Aziz revient avec Et on oublie le passé, drame sentimental explorant les cicatrices du couple, tandis que Mai Omar incarne dans La Dame Mona Lisa une femme tentant de se reconstruire après une séparation marquée par les abus et les manipulations.

Le romantisme trouve également sa place avec Deux autres que nous, réunissant Dina El Sherbiny et Asser Yassin autour d’une rencontre inattendue entre un enseignant solitaire et une actrice en crise personnelle.

La dynamique syro-libanaise

Au-delà de l’Égypte, la production syro-libanaise confirme sa vitalité. Taim Hassan retrouve le réalisateur Samer Al Barqawi dans Mawlana, drame moral autour d’un cheikh influent tiraillé entre son image publique et ses zones d’ombre. Le projet suscite l’attente en raison de la complicité artistique éprouvée entre l’acteur et le réalisateur.

 Moatasem Al Nahar et Pamela El Kik s’orientent vers la comédie sociale avec Le Lobby de l’amour, tandis que Cyrine Abdel Nour revient après six ans d’absence dans Mensonge Noir, marquant son retour au premier plan.

Entre continuité et renouvellement

La saison est toutefois marquée par quelques absences notables, certains projets ayant été reportés faute de préparation suffisante. Mais ces retraits laissent place à l’émergence de jeunes visages et à plusieurs premières expériences en tête d’affiche, signe d’une industrie en mutation.

Ramadan 2026 se dessine ainsi comme un miroir des sociétés arabes : préoccupations sécuritaires, fractures sociales, quêtes intimes et affirmation féminine s’y entrecroisent.

Entre spectacle populaire et questionnements contemporains, la fiction ramadanesque confirme son statut de rendez-vous culturel majeur, où se cristallisent attentes artistiques et enjeux de société.

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Auteur

Asma DRISSI

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