Schengen : voici les profils qui pourraient obtenir des visas jusqu’à 10 ans
Dans une démarche inédite, la Commission européenne a adopté sa première stratégie globale en matière de visas, visant à moderniser en profondeur le régime des visas Schengen pour le tourisme et les affaires.
Ce texte, dévoilé fin janvier, promet une numérisation complète des procédures, une meilleure gestion des données biométriques et l’examen de visas à entrées multiples d’une durée supérieure à cinq ans pour certains profils de voyageurs.
Actuellement, la législation Schengen autorise des visas à entrées multiples valables jusqu’à cinq ans maximum pour des séjours courts (jusqu’à 90 jours sur 180) dans l’ensemble des États membres, dès lors que certaines conditions sont remplies.
Mais, dans le cadre de sa nouvelle stratégie de visa, l’Union européenne explore la possibilité d’aller au‑delà de cette limite, en particulier pour les voyageurs présentant un historique de visas légaux et sans antécédents de migration irrégulière ou de risques de sécurité.
Une stratégie ambitieuse pour accroître la mobilité légitime
L’objectif affiché par la Commission est double : faciliter les voyages touristiques et d’affaires légitimes, tout en préservant la sécurité et l’intégrité des frontières extérieures de l’espace Schengen.
Le tourisme représente une part significative de l’économie européenne, contribuant à hauteur de centaines de milliards d’euros, et les voyages d’affaires constituent une source essentielle de revenus pour les économies locales et régionales.
Dans ce contexte, une politique de visa modernisée est perçue comme un levier pour renforcer l’attractivité de l’Union et simplifier les démarches pour les visiteurs de bonne foi.
Au cœur de ces réformes figure la numérisation complète des demandes de visa, qui permettra aux candidats de remplir et soumettre leurs dossiers entièrement en ligne, sans contact physique avec les consulats, et fera progressivement disparaître les traditionnelles vignettes autocollantes pour les remplacer par des visas numériques sécurisés.
Profils susceptibles de bénéficier de visas longue durée
L’un des axes majeurs, et les plus commentés, de la stratégie est la possibilité de délivrer des visas à entrées multiples d’une validité supérieure à cinq ans, une avancée majeure dans la politique européenne de mobilité.
Selon le texte de la stratégie, ces visas prolongés seraient accordés principalement aux voyageurs dits “fiables”, c’est‑à‑dire : ceux qui ont un historique de visas légaux sans violations ou dépassements de durée, les personnes sans risques identifiés de migration irrégulière, de sécurité ou de santé, les voyageurs qui se rendent régulièrement dans l’espace Schengen pour des motifs touristiques ou professionnels et les professionnels qui ont une nécessité fréquente de déplacement pour affaires ou participation à des événements internationaux.
Bien que ces conditions restent générales et dépendront en pratique de l’appréciation des autorités consulaires et de l’issue des négociations législatives, elles reflètent une volonté de récompenser les candidats exemplaires par des visas plus durables et moins contraignants.
Ce qui va changer… et ce qui reste à décider
Il est important de souligner que ces mesures ne sont pas encore en vigueur. La stratégie constitue une feuille de route et un cadre politique que doivent désormais traduire des propositions législatives, soumises à l’approbation du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne.
Le calendrier exact de mise en œuvre reste à préciser, mais il est clair que les réformes des visas Schengen envisagées pourraient être parmi les plus significatives depuis la création de l’espace commun.
Par ailleurs, les défenseurs de la mobilité considèrent cette initiative comme une avancée majeure pour les voyageurs fréquents et les professionnels internationaux, tout en renforçant le rôle de l’UE comme destination globale ouverte.
Toutefois, certains experts appellent à la prudence, soulignant que la mise en œuvre effective dépendra des discussions politiques et des préoccupations sécuritaires toujours vigentes au sein des États membres.