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Ramadan au club Tahar Haddad : Un monument qui refuse de se taire 

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  • 17 février 19:30
  • 4 min de lecture
Ramadan au club Tahar Haddad : Un monument qui refuse de se taire 

Treize soirées sont programmées du 21 février au 11 mars, confirmant, une fois encore, la ténacité d’un lieu qui n’a jamais cessé de défendre la culture comme acte de résistance et de transmission, un monument qui mérite aujourd’hui une restauration à la hauteur de son rôle symbolique.

La Presse — Au cœur de la médina de Tunis, à quelques pas des ruelles chargées d’histoire et des patios silencieux, le Club Culturel Tahar Haddad s’apprête à faire vibrer ses murs séculaires au rythme des « Nuits ramadanesques » 2026. Treize soirées sont programmées du 21 février au 11 mars, confirmant, une fois encore, la ténacité d’un lieu qui n’a jamais cessé de défendre la culture comme acte de résistance et de transmission.

Il faut le rappeler : le Club Tahar Haddad n’est pas une simple salle de spectacle. Installé dans une demeure traditionnelle au cœur de la médina, il est l’un des rares espaces à conjuguer mémoire architecturale et effervescence artistique. Depuis des décennies, il œuvre à maintenir une activité culturelle pérenne, malgré les contraintes budgétaires, les aléas administratifs et l’usure visible d’un monument qui mérite aujourd’hui une restauration à la hauteur de son rôle symbolique.

La programmation 2026 témoigne d’un véritable effort de diversité et d’ouverture. Le coup d’envoi sera donné le 21 février par Mohamed Ali Chebil, suivi le 22 février par « Stambali Fusion » de Belhassen Mihoub, proposition qui revisite un patrimoine musical ancestral en l’ouvrant aux sonorités contemporaines. Le 23 février, Abdallah Mresh présentera « Nesmat Machrikiya », avant que Souhail Charni n’investisse la scène le 25 février avec « Sertanova », dans le cadre du Festival de la Médina, créant ainsi un dialogue fécond entre institutions culturelles de la vieille ville.

Les soirées se poursuivront avec Haythem Hadhiri (26 février), puis Dorsaf Hamdani le 27 février avec « Taranim», artiste reconnue pour son ancrage dans le répertoire classique arabe et sa capacité à en renouveler l’interprétation. Le 28 février, Selim et Nour Arjoun proposeront une rencontre musicale qui promet un croisement de sensibilités.

Le mois de mars s’ouvrira avec Chahrazed Helal le 1er mars, suivie de Noha Rhaiem le 3 mars. Le 7 mars, une respiration cinématographique viendra enrichir la programmation avec « Un autre automne pour les amateurs », une soirée proposée par la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (Ftca), rappelant que le Club Tahar Haddad a toujours été un carrefour de disciplines, accueillant débats, projections et rencontres intellectuelles.

Le 8 mars, Montassar Lamiri animera « Naghma w Hikaya», avant que Haykel Siala ne présente « Rafik El-Darb » le 10 mars. La clôture, le 11 mars, sera assurée par Sabri Ouni avec « Entre l’Orient et l’Occident », titre emblématique d’un lieu qui, par essence, a toujours favorisé les passerelles culturelles.

Toutes les soirées sont programmées à 22h00. Mais au-delà des horaires et des affiches, c’est la persistance même de cette institution qui mérite d’être saluée. Dans un contexte où de nombreux espaces culturels peinent à survivre, le Club Tahar Haddad continue de porter une vision : celle d’une culture accessible, exigeante et enracinée dans son territoire.

Pourtant, l’état du bâtiment interpelle. L’effritement progressif de ses structures, l’usure des décors et la fragilité de certains espaces rappellent l’urgence d’une intervention sérieuse. Préserver ce lieu, c’est préserver une part vivante de la médina de Tunis, un patrimoine immatériel autant que matériel.

Les «Nuits ramadanesques » 2026 ne sont donc pas seulement un rendez-vous artistique : elles sont aussi un plaidoyer silencieux pour la sauvegarde d’un monument qui a traversé les époques et qui mérite, aujourd’hui plus que jamais, une restauration à la mesure de son histoire et de son engagement culturel.

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Auteur

Asma DRISSI

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