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Audit et/ou commission d’enquête parlementaire : En finir avec l’inertie du transport public

  • 18 février 19:00
  • 7 min de lecture
Audit et/ou commission d’enquête parlementaire : En finir avec l’inertie du transport public

Malgré tous les efforts de l’État en faveur de la promotion du transport public, malgré la volonté politique affichée par le Chef de l’État en personne, malgré les lourds investissements consentis pour acquérir de nouveaux équipements et matériels modernes, la Transtu peine à décoller.

La Presse — Que se passe-t-il ? Pourquoi cette incapacité à mettre à exécution de véritables mesures capables de faire sortir cette prestigieuse entreprise publique de l’inertie où elle semble s’être empêtrée ?

Espoirs déçus

Au vu de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les prestations, il est plus qu’urgent de réagir. Mais réagir de la façon la plus méthodique et la plus radicale qui soit.

Sans mettre en doute la sincérité et le dévouement de la majorité des intervenants, les autorités compétentes doivent emprunter d’autres voies que celles en usage actuellement. La Transtu telle qu’on l’appelle, aujourd’hui, (d’autres préfèrent encore l’appeler par nostalgie la Snt) n’est plus capable de relever les défis actuels.

Le Chef de l’État lui-même ne cesse de répéter qu’il faut de nouvelles approches pour résoudre n’importe quel problème.

Or, on ne voit rien de tel en la matière. Le citoyen a beau chercher, il ne voit rien venir. Aucune amélioration de son quotidien n’a été constatée.

C’est malheureux de le dire, mais c’est ainsi. Presque toutes les promesses faites n’ont pas été honorées. Les centaines de bus supplémentaires n’ont produit aucun effet sur le quotidien des utilisateurs. Les engagements pris par les responsables n’ont pas été concrétisés. 

Car lorsqu’on est confronté à la dure réalité, c’est le calvaire.

Pourquoi faire des promesses quand on n’est pas capable de les tenir ? Pourquoi laisser des milliers d’usagers vivre dans des espoirs continuellement déçus ? 

Aujourd’hui que l’acquisition de plusieurs centaines de nouveaux bus en juillet dernier et les promesses d’en acquérir plus de 400 autres dans les prochaines semaines, sont faites, rien ne s’oppose à une révision totale de la gestion de cette entreprise.

Tous les diagnostics dressés jusqu’à présent n’ont contribué qu’à des constats négatifs.

Des projets bloqués aux chantiers qui traînent

Des projets bloqués, des chantiers qui traînent en longueur, des pépins à l’infini sont le lot quotidien. C’est pourquoi dès qu’il y a un petit problème, tout se bloque. Les responsables restent dans l’incapacité totale de répondre promptement à l’urgence.

Un métro tombe-t-il en panne (et c’est quotidien), un incident se produit-il et la réaction reste nulle. Pas de bus en renfort, pas de communication avec les usagers. En somme, une indifférence absolue à l’égard des souffrances des usagers. Loin de nous l’idée de dénigrer les efforts des employés sincères. Mais force est de se rendre à l’amère évidence.

Il est troublant de compter les projets à l’arrêt pour moult prétextes ou ces chantiers qui s’éternisent.

Les exemples, dans ce sens, abondent. On commencera par les travaux sur le pont de Kheireddine qui ne connaît que des rallonges depuis plusieurs années. La ligne du Tgm est donc mise quasiment hors service. Et même si on nous annonce une “fin imminente” des travaux sur cet ouvrage, on sera en butte à une autre entrave, déjà programmée ! Il s’agit de la circulation du train sur une seule voie entre les stations du Bac et Tunis-Marine. Jusqu’à quand ? Personne n’est en mesure de le dire.

Autre chantier, celui de la rue Ibn Kozman, du côté de la Place Barcelone. Là, on a entamé des travaux de réfection d’une petite portion des trottoirs. Cela fait plusieurs semaines que cela dure. Du coup, les bus qui stationnaient à cet endroit, ont déménagé ailleurs. On peut facilement imaginer les désagréments causés aux gens.  

Et, depuis au moins trois semaines on vit avec le gros problème de la zone inondée à proximité de la station Tunis-Marine. Depuis la fin du mois de janvier tous les bus et les métros qui partent de ou arrivent à cet emplacement connaissent des perturbations. Certaines lignes ont été déplacées et les métros n’entrent plus dans cette station principale.

Face à tous ces désagréments, aucune mesure spéciale n’a été prise pour desserrer l’étau autour des citoyens.

Même les promesses de rétablir les lignes de bus supprimées n’ont pas été tenues. On a l’impression qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion Transtu, des responsables qui mesurent les souffrances réelles des clients. Ces derniers se sentent désarmés face à l’insensibilité incompréhensible de ceux qui sont censés veiller à la bonne marche de cette entreprise.

La voie est libre devant le secteur privé

Quant à parler des fréquences des navettes, c’est tout un programme. Pour tout dire, elles ne sont jamais respectées et n’existent que sur le papier. Aussi méritent-elles d’être révisées et, surtout, appliquées.

Peut-on, en 2026, concevoir qu’il faille attendre deux heures ou plus pour voir arriver un moyen de transport et, qui plus est, plein comme un œuf ?

Les habitants des différentes banlieues et les utilisateurs des bus et des métros galèrent quotidiennement pour aller travailler ou se déplacer. Chaque jour, au lieu de s’améliorer, les conditions de transport empirent. On en arrive, tout simplement, à la conclusion que tout est fait pour encourager le secteur privé. La réalité et les faits le confirment. Alors qu’un citoyen met des heures à attendre un bus ou un métro, des dizaines et des dizaines de taxis collectifs passent toutes les minutes. Sans parler des bus privés qui se distinguent, curieusement,par leur régularité, leur ponctualité et leurs fréquences sur certaines destinations. Pourtant, leur flotte est très limitée ! 

Ajoutons à cela le comportement irresponsable de certains agents qui ne respectent pas les itinéraires et qui grillent les stations obligeant les gens à se rabattre sur les nombreux taxis collectifs.

Devant un tel spectacle désolant, le pauvre usager s’est résigné et n’attend plus rien de la part des responsables de la Transtu qui n’ont, apparemment, rien à ajouter.

D’où la nécessaire idée de recourir à des solutions plus méthodiques et plus radicales. Face à l’inertie et à l’ineptie, il n’y a qu’un seul remède: changer l’équipe qui n’a pas l’esprit de la gagne.

Il est temps de chercher d’autres options et d’adopter d’autres méthodes de travail. Faisons appel à de nouvelles compétences pour injecter du sang neuf dans un secteur des plus vitaux, voire stratégiques.

A cet effet, l’idée de mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire ou d’effectuer un audit (ou les deux à la fois) s’impose. 

Il serait anormal de continuer indéfiniment sur la même voie stérile qui n’a conduit à rien. À quoi servent les dizaines de bus entassés dans les dépôts de la société tandis que les usagers peinent à se déplacer ?

Le Tunisien ne peut pas continuer à supporter des conditions déplorables sine die et gérer, seul, une crise sans fin. Par cette commission et cet audit ou par n’importe quel autre moyen efficient, notre pays doit sortir de l’impasse. Et, le plus vite sera le mieux. Trêve de vaines promesses et passons à l’action avec, pour objectif, l’obligation de résultat !  

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Auteur

Amor CHRAIET

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