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Economie

Billet – Ramadan 2026 : Les prix dérapent, l’État en rempart !

  • 18 février 18:45
  • 3 min de lecture
Billet – Ramadan 2026 : Les prix dérapent, l’État en rempart !

La Presse —Ramadan 2026 : la Tunisie est sur le qui-vive. Les familles se préparent à vivre ce mois sacré placé sous le signe de la tradition, de la convivialité… et de la vigilance économique. Dans les marchés traditionnels comme dans les grandes surfaces, l’effervescence est déjà là : ménages, restaurateurs et commerces saisonniers se pressent pour constituer leurs stocks, tandis que les étals débordent de produits alimentaires.

Cette dynamique, symbole de la vitalité économique locale, s’accompagne cependant de défis pour les ménages, confrontés à une hausse notable des prix. Les familles vulnérables cherchent à s’adapter, tant bien que mal, face à un écart de prix significatif entre la période précédant le mois sacré et le Ramadan, particulièrement pour les produits de première nécessité.

La spéculation et le monopole sur certains produits essentiels demeurent des préoccupations majeures, nécessitant un encadrement rigoureux.

Face à ces tensions, le gouvernement et les ministères concernés affichent leur détermination. Objectifs : garantir la disponibilité des denrées, protéger le pouvoir d’achat et prévenir les pratiques abusives.

Surveillance des prix, lutte contre la spéculation et communication renforcée avec les commerçants font partie des mesures engagées. L’enjeu est également d’assurer un approvisionnement régulier dans tous les gouvernorats et de généraliser les marchés de proximité, conçus comme des mécanismes de régulation des prix et de réduction des intermédiaires — et non de simples espaces de vente.

Le contrôle en temps réel du circuit des marchandises, du producteur au consommateur, doit permettre de détecter tout déséquilibre entre l’offre et la demande, toute dérive injustifiée des prix et d’agir rapidement contre les pratiques spéculatives.

Dans le même esprit, le ministère du Commerce a décidé de reconduire le plafonnement des prix de plusieurs produits de consommation courante — légumes, fruits, volaille, poisson — en concertation avec les professionnels.

Le directeur de l’Observatoire national de l’approvisionnement et des prix, Ramzi Trabelsi, précise que ce dispositif s’inscrit dans un plan d’action global visant à maîtriser et rationaliser les prix. Les prix de vente en gros des fruits et légumes seront plafonnés, avec une marge bénéficiaire unifiée pour le commerce de détail, fixée à 25 % dans les circuits classiques et 15 % dans les grandes surfaces.

Cette stratégie tarifaire répond à un impératif : contenir les marges excessives pour protéger le pouvoir d’achat dans une période de forte demande alimentaire. Les plafonnements visent à stabiliser le marché et à contrer les réseaux spéculatifs qui continuent d’imposer leur influence.

La stabilisation des prix, notamment des produits alimentaires de grande consommation, demeure une priorité. En plus d’agir sur l’offre, les pouvoirs publics doivent se pencher désormais sur les circuits de distribution qui demeurent déstructurés à travers la mise en place de nouveaux mécanismes destinés à mieux contrôler les canaux d’approvisionnement du marché.

Il est primordial aujourd’hui d’endiguer les pratiques spéculatives et de lever toutes les contraintes pour assurer un approvisionnement équilibré. Le dysfonctionnement des circuits de distribution, la spéculation, la mauvaise gestion des stocks, les pratiques anticoncurrentielles au sein des filières de distribution sont autant de facteurs aggravants et qui castrent les efforts de l’Etat pour atténuer l’envolée des prix.

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Auteur

Najoua Hizaoui

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