La Chine a annoncé la semaine dernière son intention de supprimer les droits de douane sur les importations en provenance de 53 pays africains considérés comme des partenaires diplomatiques, une décision stratégique visant à consolider sa présence économique sur le continent africain. La mesure entrera officiellement en vigueur à partir du 1er mai prochain.
Selon la télévision centrale chinoise, China Central Television (CCTV), les autorités chinoises appliqueront intégralement les dispositifs d’exonération douanière au profit des pays concernés. Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large destinée à renforcer la coopération économique sino-africaine et à faciliter l’accès des produits africains au marché chinois.
Pékin prévoit en outre de multiplier les négociations et de conclure de nouveaux accords de partenariat économique, avec pour objectif affiché de promouvoir un développement mutuel. Dans ce cadre, la Chine entend élargir les mécanismes facilitant l’entrée des exportations africaines, notamment à travers la “voie verte”, un dispositif destiné à accélérer l’accès des produits agricoles africains de haute qualité au marché chinois.
Une stratégie à portée géopolitique
Commentant cette décision, l’universitaire Habib Zitouna a indiqué, que la Chine a considérablement renforcé sa présence sur les marchés africains au cours des dernières années. Cette orientation répond, selon lui, à un besoin croissant en ressources naturelles indispensables à des industries stratégiques, notamment les secteurs technologiques et la fabrication de produits électroniques.
Intervenant mardi 17 février 2026 sur les ondes d’Express Fm, Zitouna a estimé que le virage protectionniste adopté par les États-Unis, marqué par une hausse des droits de douane, a poussé la Chine à se positionner comme une puissance économique ouverte. Pékin chercherait ainsi à jouer un rôle de leader géopolitique dans un contexte de profondes mutations du système économique mondial.
“La Chine conserve d’ailleurs sa position de premier partenaire commercial de l’Afrique pour la seizième année consécutive jusqu’à fin 2024. Les échanges commerciaux sino-africains continuent d’afficher une dynamique soutenue en 2025”, a-t-il encore précisé.
Et d’après des données publiées par les douanes chinoises, le volume des échanges entre la Chine et les pays africains a atteint, au cours des cinq premiers mois de l’année en cours, un niveau record de 963 milliards de yuans, soit environ 134 milliards de dollars, enregistrant une croissance annuelle de 12,4 %.
Quelles retombées pour la Tunisie ?
Concernant la Tunisie, cette décision pourrait constituer une opportunité pour attirer de nouveaux investissements chinois et renforcer les exportations tunisiennes vers la Chine, notamment dans des secteurs clés comme l’huile d’olive, les dattes et les agrumes. Toutefois, Habib Zitouna a souligné que la suppression des droits de douane, à elle seule, ne saurait provoquer une transformation structurelle profonde de l’économie tunisienne ni constituer une “révolution économique”.
Le Centre de promotion des exportations a, pour sa part, indiqué que les exportations tunisiennes vers la Chine enregistrent une croissance annuelle moyenne de 5 %, témoignant du potentiel important qu’offre ce vaste marché.
Et en 2024, le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et la Chine est estimé à environ 1,8 milliard de dollars. Les recettes issues des exportations tunisiennes vers le marché chinois ont atteint près de 217 millions de dinars. Parmi les principaux produits exportés figurent l’huile d’olive, avec des recettes avoisinant 68 millions de dinars, les produits de la mer pour un montant de 43 millions de dinars, ainsi que les dattes, dont les exportations ont atteint 2,6 millions de dinars, selon un communiqué du centre.