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Énergies renouvelables : Le régime des autorisations à l’examen

  • 18 février 18:00
  • 5 min de lecture
Énergies renouvelables : Le régime des autorisations à l’examen

Avec plus de 11,1 milliards de déficit, la balance énergétique représente plus de la moitié du déficit du commerce extérieur en 2025. Ce déficit provient essentiellement de l’importation du gaz naturel utilisé dans la production d’électricité.

La Tunisie a, toutefois, tous les atouts «pour inverser la tendance», atteindre l’autosuffisance et même réaliser un excédent commercial, grâce notamment aux énergies renouvelables.

La Presse — C’était l’objet d’une conférence nationale, organisée hier par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) sur le thème : «Projets d’énergies renouvelables sous régime des autorisations : cadre actuel, enjeux et perspectives d’amélioration», tel que présenté par son président, Aslan Berjeb, en présence de nombreux acteurs publics et privés, d’experts et de députés de l’ARP.

Selon les organisateurs, cette conférence «s’inscrit dans une démarche de concertation et de dialogue constructif entre l’ensemble des parties prenantes du secteur des énergies renouvelables».

Elle focalise essentiellement sur «le régime des autorisations, ses apports, ainsi que les défis opérationnels rencontrés dans sa mise en œuvre, dans un contexte marqué par l’accélération attendue de la transition énergétique en Tunisie». Les deux autres régimes (l’autoproduction et les concessions) devraient faire l’objet d’autres rencontres et de débats spécifiques.

La conférence a été l’occasion de rappeler les objectifs nationaux d’élever la contribution des énergies renouvelables à 35% dans le mix énergétique tunisien à l’horizon 2030, contre 6% actuellement.

Le président de la Conect a exprimé l’engagement de son organisation à relever ce défi, la conférence nationale étant un cadre adéquat pour discuter des progrès déjà réalisés mais surtout de soulever les difficultés auxquelles sont confrontés aussi bien les investisseurs que les entreprises publiques concernées, en l’occurrence la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) qui tient le monopole de la distribution.

La Tunisie, consciente de l’enjeu de la transition énergétique dans le développement économique et social, «a œuvré à trouver des solutions, en privilégiant l’élaboration d’une nouvelle politique énergétique adaptée à la situation actuelle».

«Cette politique vise principalement à réduire le déficit énergétique et à opérer une transition des systèmes de production et de consommation traditionnels vers un modèle énergétique durable, fondé sur la diversification des sources de production et des modes de consommation», a déclaré Fatma Thabet Chiboub, ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, à l’ouverture de la rencontre.

«La transition énergétique est indispensable pour garantir la sécurité énergétique», a-t-elle souligné.

Selon Mme Chiboub, «la stratégie du ministère repose sur une vision sociale, économique et environnementale basée sur une approche nouvelle et globale dans tous les secteurs, avec des retombées sur la croissance sociale et économique, afin de garantir des services énergétiques modernes, fiables et rentables pour tous les citoyens tunisiens et toutes les activités économiques».

A cet effet, la nouvelle stratégie vise à «conforter les politiques d’efficacité énergétique (…) ; à focaliser sur les énergies renouvelables afin de diversifier le mix électrique et de réduire l’utilisation du gaz naturel dans la production d’électricité; et à généraliser progressivement la consommation d’électricité dans la plupart des secteurs, dans le but de faire des énergies renouvelables un élément clé de la production d’électricité».

La nouvelle stratégie projette également «d’établir une feuille de route pour (…) encourager l’investissement dans les technologies vertes (…) et la mise sur les rails de mesures et de mécanismes réglementaires et institutionnels.»

Selon la ministre, «la transition équitable représente un principe horizontal global dans la conception et la mise en œuvre de la stratégie, visant à réduire les disparités sociales, à promouvoir l’égalité entre toutes les composantes de la société, et à garantir l’accès aux ressources énergétiques à des prix raisonnables et équitables, protégeant ainsi le pouvoir d’achat des citoyens tunisiens».

La ministre a souligné, en fin, la volonté de son département d’accélérer les procédures administratives, de généraliser la numérisation et de mettre en place un mécanisme de point de contact unique, afin de développer l’infrastructure et les transformateurs nécessaires pour que le réseau électrique puisse absorber l’énergie produite par ce système et stimuler la production locale. Elle a également affirmé être à l’écoute des préoccupations des acteurs afin de surmonter tous les éventuels obstacles de ce processus.

Lors des débats, de nombreux points ont été soulevés, dont notamment la saturation du réseau, les autorisations obligatoires au niveau des municipalités et du ministère de l’Agriculture, les tarifs de vente en rapport avec le prix de revient, le volet juridique, etc.

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Auteur

Lassâad BEN AHMED

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