Suicide d’un élève à Mahdia : une organisation internationale engage des poursuites pour harcèlement scolaire
L’Organisation internationale de protection des enfants de la Méditerranée (OIPEM) a annoncé l’engagement immédiat de procédures judiciaires dans l’affaire du suicide du jeune élève Yassine Aïfa, âgé de 15 ans, survenu dans le gouvernorat de Mahdia. Selon l’organisation, l’adolescent aurait mis fin à ses jours à la suite d’actes répétés de harcèlement scolaire.
Dans un communiqué, l’OIPEM a indiqué avoir entamé des démarches judiciaires à l’encontre des parents des élèves impliqués dans les faits de harcèlement, estimant que ce drame ne peut être considéré comme un incident isolé. L’organisation affirme qu’il s’agit du résultat d’un climat prolongé de violence, d’exclusion et de stigmatisation, ayant visé un élève en situation de besoins spécifiques.
L’organisation internationale a dénoncé ce qu’elle qualifie de défaillance collective dans la protection du droit des enfants à la dignité et à la sécurité au sein de l’espace scolaire. Elle a souligné que les atteintes portées à la victime, notamment l’atteinte à ses effets personnels et les agressions morales dont elle aurait été la cible, constituent une grave dérive éthique incompatible avec les valeurs éducatives et humaines que l’école est censée incarner.
Dans ce contexte, l’OIPEM a appelé le ministère public ainsi que la Délégation à la protection de l’enfance à ouvrir sans délai une enquête approfondie. L’organisation demande l’audition des camarades de classe du défunt ainsi que du cadre éducatif et administratif de l’établissement concerné, afin de déterminer l’ampleur des actes de harcèlement et leur lien éventuel avec le suicide.
L’organisation a en outre insisté sur la nécessité de situer les responsabilités de l’institution éducative, dans le cas où des manquements seraient constatés dans la prévention, la détection ou le traitement des situations de harcèlement scolaire. Elle estime que toute défaillance avérée dans l’application des mesures disciplinaires ou préventives doit faire l’objet de poursuites appropriées.
Par ailleurs, l’OIPEM a plaidé pour l’adoption urgente d’un plan national contraignant de lutte contre le harcèlement scolaire, incluant des mécanismes de signalement sécurisés, un accompagnement psychologique des victimes et une formation renforcée des acteurs éducatifs. Elle a affirmé que ce dossier ne saurait être traité dans l’indifférence, rappelant que la dignité et la protection des enfants constituent une ligne rouge absolue, qui ne tolère aucun compromis.