gradient blue
gradient blue
Culture

8e édition de Gabès Cinéma Fen : Perspectives et dynamique nouvelle

Avatar photo
  • 19 février 17:45
  • 6 min de lecture
8e édition de Gabès Cinéma Fen : Perspectives et dynamique nouvelle

L’heure est aux réflexions, au renouvellement, à l’inédit pour l’équipe de Gabès Cinéma Fen, soudée autour du lancement d’une 8e édition prévue du 26 avril au 1er mai 2026.

La période est annoncée simultanément avec la désignation de la productrice, réalisatrice et actrice Afef Ben Mahmoud, en tant que nouvelle directrice du festival.

La Presse — Afef Ben Mahmoud a construit sa carrière particulièrement éclectique à travers de nombreuses expériences, dans différentes disciplines, aussi bien devant que derrière la caméra. Le public l’a notamment découverte à travers des rôles marquants au cinéma et à la télévision, parmi lesquels « Streams» (2021) de Mehdi Hmili et, récemment, « 13e Round» (2025) de Mohamed Ali Nahdi, rôles pour lesquels elle a reçu le prix de la meilleure interprétation au Festival international du film du Caire.

Elle a également pris part à des œuvres devenues des références du cinéma tunisien, comme « Making-Of » (2006) et, « Les Épouvantails » (2019) de Nouri Bouzid. En parallèle de son travail d’actrice, elle a coréalisé avec le cinéaste marocain Khalil Benkirane le film « Backstage » (2023), récompensé dans plusieurs festivals internationaux. Polyvalente et engagée, Afef Ben Mahmoud a exprimé son enthousiasme quant à sa désignation. Entourée de son équipe, elle a mis en relief quelques grandes lignes de l’édition de 2026.

Cette nomination est annoncée au moment où l’équipe choisit d’élargir son champ de vision et de développer davantage les axes centraux de la manifestation à commencer par celle d’« El Kazma »  et du volet « art visuel », qui a été, depuis 2019, un atout fort du festival. Ce volet vise à faire connaître des pointures internationales de l’art visuel mondial.

Des artistes qui occupent une partie de la ville, sa corniche, qui longe sa plage et qui permet encore aux Gabésiens de découvrir ce travail artistique d’ampleur. Présenté, le plus souvent, dans des conteneurs, qui rappellent les bunkers des précédentes guerres mondiales, les artistes programmés communiquent par œuvres interposées avec un public majoritairement pas averti ni sensible à ces pratiques.

Le 2e volet de l’art visuel, le « K-Off » sert de tremplin au lancement de jeunes artistes émergents tunisiens. Un appel à candidatures est lancé et la demande de participation se fait de plus en plus importante au fil des années. La manifestation prend en charge un maximum de demandes, ouvrant ainsi les horizons aux jeunes artistes, pris en charge dans le cadre de résidences. 

Ce volet promeut la scène artistique tunisienne orientée vers l’art vidéo et qui ne cesse d’évoluer au même rythme que les techniques modernes à l’échelle mondiale. GCF s’est placé comme étant le premier à avoir mis en lumière ce savoir en 2019.  Le volet central du festival reste le cinéma engagé, parfois d’auteur, international, expérimental.

Le cinéma « VR », « réalité virtuelle », qui est ouvert aux participants via un appel à candidature également, attire les plus curieux. Une spécialité dans l’air du temps qui s’est fait une place fixe au cœur de Gabès en initiant les festivaliers aux nouvelles technologies, aux techniques de l’écriture scénaristique, à comment créer un film en réalité augmentée.

Un volet fructueux mené sous la houlette de Mohamed Arbi Soualhia, spécialiste en film VR et directeur artistique de la section. Sa priorité reste de se rapprocher le plus possible du jeune public, en créant des rencontres professionnelles et fructueuses et être à l’écoute des projets de participants. Soualhia est revenu sur l’Hackathon de Gabès et sur la nécessité de le maintenir et de l’améliorer toujours davantage.

Le centre culturel de la ville est mis à disposition du festival et abrite les vidéos projetées en continu avec les casques et une exposition. GCF se place aussi comme une plaque tournante riche de ses invités producteurs, réalisateurs et spécialistes du 7e art, issus des pays du Sud et du Nord. Une occasion d’enrichir son réseau professionnel et de créer ensemble.

Une sélection variée est presque finalisée et programmée dans différents lieux. Le festival, qui célèbre sa 8e édition, est une aubaine pour les jeunes de la ville, ses habitants, qui veillent chaque année à son bon déroulement. Ne pas sortir Gabès de son contexte, ne pas lui faire perdre son identité, sauvegarder sa mémoire et ne pas faire taire ses problèmes, d’ordre écologique surtout… autant d’objectifs qui restent prioritaires pour la manifestation.

Elle tend à éveiller les esprits autour des problèmes environnementaux de la région et à créer le débat. Des films à vocation écologique, qui sensibilisent le public sont prioritaires.  Tous les jours, longs et courts métrages autour de la thématique sont programmés. La réalité environnementale reste au cœur des préoccupations.

Il y aura des master class, animés en plein air, des films internationaux, 8 films arabes, une large sélection de courts métrages, le volet « Ciné Kids », celui de « Ciné terre », engagé écolo et les films courts « Ciné – promesse ». Des films qui auront lieu notamment à l’oasis de Gabès, en plein air. « Cinématdour », le cinéma déambulant via son bus, désormais connu dans toute la Tunisie, s’arrêtera à proximité du complexe universitaire, en permettant ainsi aux étudiants d’y participer.

Les enfants de la ville de Gabès sont inclus dans les différentes activités du festival, spécialement celles « d’El Kazma », en les initiant aux arts, à comment conter une histoire et à divers workshops de scénarios, de dessins, d’activités manuelles. Au final, leur travail sera valorisé dans le cadre d’une exposition.

Le festival se déroule aussi en forme de master class, qui réunissent invités, professionnels et étudiants dans les universités de Gabès. La spécialité « Médiation culturelle » aura totalement sa place dans la majorité des échanges. La musique sera également au rendez–vous avec un concert principal programmé et une performance. L’équipe tient à faire taire encore les noms des artistes retenus, afin de faire planer davantage le suspense. La programmation sera échafaudée au fil des semaines et l’équipe de GCF tiendra au courant son public.

Lire aussi:  Sicca Jazz : Le retour magistral d’Anouar Brahem
Avatar photo
Auteur

Haithem Haouel

You cannot copy content of this page