La stabilité institutionnelle constitue le facteur déterminant pour améliorer le climat des affaires en Tunisie et restaurer la confiance des investisseurs. C’est ce qu’a affirmé mercredi Hanan Trabelsi, directrice des recherches à la direction centrale de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ), soulignant que toute réforme économique efficace repose avant tout sur un environnement institutionnel stable et prévisible.
Intervenant le 18 février 2026 sur les ondes d’Express Fm, elle a expliqué que l’amélioration du climat des affaires dépend d’un ensemble de facteurs interdépendants, notamment le système financier, l’attractivité de l’investissement, la compétitivité, l’innovation et l’ouverture sur le commerce international. Selon elle, ces éléments forment un écosystème cohérent, dont l’efficacité reste conditionnée par la capacité des institutions à instaurer un climat de confiance durable.
Un classement encore faible
Une étude récente menée par l’Institut dans le cadre d’un programme de recherche international, auquel ont participé plusieurs pays, place la Tunisie au 44e rang sur 59 en matière de climat des affaires, un résultat jugé relativement faible.
Ce classement s’explique par plusieurs facteurs, dont les répercussions économiques de la pandémie de Covid-19, la lenteur des réformes structurelles et la fragilité du système financier. À cela s’ajoute une baisse de l’attractivité des investissements par rapport à certains pays concurrents de la région, qui ont engagé des réformes plus rapides et plus profondes.
Malgré ces difficultés, l’étude met également en évidence plusieurs points forts dont dispose la Tunisie. Parmi eux figurent sa position géographique stratégique entre l’Europe et l’Afrique, l’existence d’un réseau universitaire et de centres de recherche scientifique, ainsi que le potentiel de certains secteurs à forte valeur ajoutée.
Selon Hanan Trabelsi, ces atouts pourraient constituer une base solide pour renforcer la compétitivité du pays et améliorer le climat des affaires, à condition qu’ils s’inscrivent dans une vision économique claire et cohérente.
Des faiblesses persistantes
L’étude souligne en outre plusieurs faiblesses structurelles, notamment les difficultés d’accès au financement, en particulier pour les start-up et les jeunes entreprises. Elle met aussi en avant le manque de synergies entre la recherche scientifique et le tissu économique, ainsi que la lenteur des réformes institutionnelles.
Parmi les obstacles identifiés figurent également les contraintes liées au système bancaire et les difficultés de financement des grands projets, ainsi que le faible niveau d’investissement dans l’innovation et l’économie du savoir par rapport à d’autres pays ayant réussi à réaliser des avancées significatives dans ces domaines.
Face à ces constats, la directrice des recherches a insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes institutionnelles et législatives afin d’améliorer l’environnement des affaires. Elle a notamment appelé à orienter davantage le financement bancaire vers l’investissement productif et à soutenir les secteurs à forte valeur ajoutée.
Elle a en outre plaidé pour un renforcement de la coordination entre l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et le secteur industriel, ainsi que pour la définition de priorités économiques claires afin d’éviter la dispersion des efforts.
Selon elle, l’amélioration durable du climat des affaires en Tunisie passe inévitablement par la consolidation de la stabilité institutionnelle, le renforcement de la confiance des investisseurs et l’adoption d’une vision économique à long terme fondée sur l’innovation et la compétitivité. Elle a enfin estimé que les défis actuels pourraient se transformer en opportunités réelles si les réformes nécessaires sont engagées avec une volonté politique affirmée.