Commentaire : Le diable est dans les détails
La situation générale du pays a été au cœur de la récente rencontre entre le Président de la République et la Cheffe du gouvernement. Une nouvelle fois, l’accent a été mis sur les dysfonctionnements relevés au sein de plusieurs services publics, dont la gestion laisse à désirer.
Pour le Chef de l’État, ces défaillances ne relèvent pas uniquement de lacunes techniques ou administratives, mais s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par « des tentatives de déstabilisation attribuées à des figures de l’ancien régime ».
Il va sans dire que certains acteurs, n’ayant pas renoncé à leurs ambitions, chercheraient, par n’importe quel moyen, à fragiliser l’État et nourrir un climat de mécontentement, dans l’espoir d’un retour en grâce.
Ces parties comptent surtout sur les fake news, la désinformation et l’invention de scénarios liés à la manière d’exercer le pouvoir. C’est ainsi qu’est née, sur les réseaux sociaux, cette fausse information relative à un prétendu remaniement ministériel.
Ce qui est pour le moins surprenant dans toute cette affaire, c’est que certaines parties ont avalé des couleuvres, relayant ces rumeurs sans la moindre vérification.
Peu importe alors les conséquences pour le pays ou les sacrifices consentis par les citoyens. L’objectif de ces parties serait avant tout de se repositionner sur l’échiquier politique, quitte à nouer des alliances contre nature et à multiplier les manœuvres opportunistes, dans l’unique dessein de reconquérir une influence perdue.
Quant à ces alliances, elles semblent déjà prendre forme sur fond de réconciliations de façade. Derrière des discours et des appels à l’unité, se dessine, en réalité, une convergence d’intérêts circonstanciels, dictée moins par une vision commune de l’avenir du pays que par la volonté de rebattre les cartes du pouvoir.
On dit souvent que le diable se cache dans les détails. Derrière un service apparemment anodin non fourni au citoyen dans une administration peut se profiler le premier maillon d’une chaîne plus vaste. Certaines figures de l’ancien régime auraient placé leurs relais à différents niveaux de l’appareil administratif, tissant des réseaux d’influences discrets mais encore efficaces.
Parfois, c’est une panne de connexion internet qui bloque une démarche. D’autres fois, c’est la lourdeur bureaucratique qui ralentit, décourage et finit par exaspérer et mettre les nerfs du citoyen à fleur de peau.
Autant de dysfonctionnements, en apparence mineurs, mais dont la lente mais sûre accumulation alimente le mécontentement et pousse le citoyen à jeter l’anathème sur les plus hautes sphères du pouvoir.
Ainsi, derrière ces «petits détails» administratifs se dissimule en réalité un enjeu bien plus important. Ce qui peut sembler n’être qu’un simple retard, un dossier égaré pour un projet ou un service non assuré finit par entamer, peu à peu, la relation entre le citoyen et l’État.
Car pour le citoyen, l’État ne se résume ni aux grands discours ni aux décisions annoncées au sommet. Il se mesure d’abord à l’aune de l’expérience quotidienne : un document délivré dans les délais, une réponse claire, ou mieux encore, une procédure simplifiée.
Lorsque ces attentes élémentaires ne sont pas satisfaites, le doute s’installe, puis la frustration, et enfin la perte de confiance. Et, en toute logique, la défiance prend le relais et peut, à terme, se muer en révolte.