gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Corruption en Tunisie et dans le monde en 2025 : Une progression qui interpelle

Avatar photo
  • 19 février 20:00
  • 5 min de lecture
Corruption en Tunisie et dans le monde en 2025 : Une progression qui interpelle

Le dernier rapport de « Transparency International », publié le 10 février 2026, révèle une progression inquiétante de la corruption à l’échelle mondiale.

Les démocraties établies comme les États en développement sont touchés, et la Tunisie, au même rang que le Maroc, se situe dans la moyenne basse du classement mondial.

Une situation qui rappelle l’urgence de renforcer les institutions et la transparence.

La Presse — Malgré les efforts déclarés pour lutter contre la corruption, le fléau ne régresse pas. Au contraire, le rapport annuel de « Transparency International » met en évidence une recrudescence de la corruption partout dans le monde, y compris dans les pays réputés peu corrompus.

Selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025, « la corruption s’aggrave à l’échelle mondiale, même les démocraties établies étant confrontées à une augmentation des pratiques corruptives dans un contexte de déclin de leurs dirigeants ».

Un indicateur illustre cette tendance : le nombre de pays obtenant un score supérieur à 80 a chuté de 12 il y a dix ans à seulement cinq en 2025. Même les États-Unis, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande connaissent une baisse de leurs performances.

François Valérian, président de Transparency International, rappelle que « la corruption n’est pas une fatalité » et que des mécanismes démocratiques, des contrôles indépendants et une société civile libre peuvent responsabiliser les dirigeants et renforcer la transparence.

Le score moyen mondial ressort à 42 sur 100, le niveau le plus bas depuis plus de dix ans, tandis que plus de 122 pays sur 180 ont obtenu un score inférieur à 50, soulignant la gravité de la situation.

Au sommet du classement mondial, les pays les moins corrompus sont le Danemark (89/100), la Finlande (88/100), Singapour (84/100), la Nouvelle-Zélande et la Norvège (81/100).

À l’autre bout de l’échelle, des pays comme le Soudan du Sud et la Somalie (9/100), le Venezuela (10/100) et la Libye (13/100) se retrouvent parmi les plus corrompus, reflétant l’absence de gouvernance et de contre-pouvoirs effectifs.

La situation en Tunisie  et au Maghreb

Sur le continent africain, seulement quatre pays dépassent 50 points : les Seychelles (68), le Cap-Vert (62), le Botswana (58) et le Rwanda (58). Ces pays se distinguent par la stabilité de leurs institutions et l’efficacité de leur gouvernance.

À l’inverse, des nations comme le Mozambique (21), la RD Congo (20), la Libye (13) ou le Soudan du Sud (9) se trouvent dans la zone rouge, où la corruption limite fortement le développement et impacte directement les populations.

La Tunisie et le Maroc occupent la 91e place mondiale, avec un score de 39 points, tandis que l’Algérie se classe au 109e rang avec 34 points.

Cela situe la Tunisie dans la moyenne basse de sa région, reflétant une perception persistante de la corruption dans le secteur public, notamment dans l’attribution des marchés publics, la transparence budgétaire et l’indépendance des institutions de contrôle.

Le pays, malgré les réformes mises en œuvre depuis la révolution, peine à transformer ses ambitions en résultats concrets. Cette situation contribue à la méfiance des citoyens, à l’exaspération vis-à-vis de l’impunité et peut freiner l’investissement privé et étranger.

La corruption a des impacts tangibles sur le développement économique et social. Elle freine la réalisation des projets publics, compromet les infrastructures essentielles et limite l’efficacité des politiques publiques.

Les manifestations antigouvernementales observées en 2025 dans de nombreux pays témoignent du ras-le-bol citoyen face à ce fléau et à l’impunité des responsables.

Pour la Tunisie, le défi est double : non seulement améliorer la perception de l’intégrité dans le secteur public, mais aussi renforcer la confiance des citoyens et des acteurs économiques.

La diversification industrielle, la transparence dans la passation des marchés et le renforcement des mécanismes de contrôle indépendant sont essentiels pour réduire l’impact de la corruption.

La route reste longue

Malgré ce tableau sombre, « Transparency International » insiste sur le fait que la corruption n’est pas une fatalité. Les démocraties, les gouvernements responsables et une société civile active peuvent renverser cette tendance.

Pour la Tunisie, cela implique de mettre en œuvre une stratégie cohérente alliant réforme institutionnelle, suivi rigoureux et mobilisation citoyenne, afin de renforcer la bonne gouvernance et de garantir que les ressources publiques servent réellement l’intérêt général.

Le rapport 2025 rappelle que la lutte contre la corruption est un levier essentiel pour le développement durable, la croissance économique et la cohésion sociale.

Pour les pays africains et le Maghreb en particulier, la route reste longue, mais des exemples positifs existent et peuvent servir de modèles pour la Tunisie.

Améliorer sa gouvernance et réduire la corruption perçue est un impératif pour consolider la confiance, attirer les investissements et assurer un développement durable.

Le rapport « Transparency International 2025 » met en lumière les défis globaux, mais il rappelle surtout que l’action concertée peut transformer les perceptions et créer un avenir plus transparent et équitable.

Lire aussi:  Corruption financière : Mohamed Frikha condamné à sept ans de prison
Avatar photo
Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

You cannot copy content of this page