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Pénurie de denrées alimentaires : Quid de la transparence commerciale ?

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  • 19 février 17:30
  • 5 min de lecture
Pénurie de denrées alimentaires : Quid de la transparence commerciale ?

Ramadan commence aujourd’hui, et certaines denrées alimentaires élémentaires se font toujours rares sur le marché ! Une pénurie qui se poursuit au détriment et des consommateurs et des commerçants : les uns n’ont plus accès à moult produits rudimentaires; les autres voient leur activité diminuer, leur gain se réduire.

La Presse —Dans l’une des supérettes d’El Manar —où on a l’habitude de trouver ce qui manque ailleurs—, Adel Rebah, commerçant, énumère les produits en pénurie depuis un certain temps.

«Les produits en pénurie sont le thé, le sucre, la semoule, la farine et le beurre. D’ailleurs, la farine était disponible mais depuis quelques jours, elle fait défaut», indique-t-il, étonné. 

Mohamed Ali Ayari, commerçant de produits agro-alimentaires, nous informe sur les produits disponibles et non disponibles. «Je qualifie de produits disponibles ceux qui figurent sur la liste des commandes.

En effet, pour nous les commerçants de produits d’alimentation générale, nous passons les commandes à partir d’une application, laquelle mentionne les produits disponibles d’une manière régulièrement actualisée.

Ainsi, la farine n’est point disponible sur la liste des commandes et ce, depuis deux semaines. Idem pour le beurre et le thé. D’ailleurs, des rumeurs circulent sur une pénurie durable du thé noir», explique Mohamed Ali.

Vente conditionnée

Et d’ajouter que, pour ce qui est du beurre, la livraison fait défaut depuis les inondations. «Nous n’en avons reçu, depuis, qu’un carton de cinq kilos en vrac.

S’agissant du sucre, poursuit-il, il demeure disponible mais au gré des fournisseurs. Ces derniers nous infligent la vente conditionnée, soit un sac de cinquante kilos de sucre pour tout achat dépassant les quatre cents ou les cinq cents dinars environ».

Aussi l’approvisionnement des petits commerçants en sucre est-il devenu un privilège réservé aux plus offrants.

Cette situation commerciale perdure au point que les consommateurs commencent à s’y habituer. «Personnellement, je ne me pose plus de questions sur ce point.

Au début de la série de pénuries, on se précipitait moi et ma femme, dès les premières heures de la matinée, pour décrocher, au supermarché, des quantités de sucre ou du beurre cacheté.

Puis, nous nous sommes résignés. Si nous trouvons ce que nous recherchons, tant mieux, sinon, tant pis», confie Malek, infirmier.

Double problème pour les petits commerçants !

Pour Sameh Chaouachi, une commerçante de produits agroalimentaires, la pénurie de certains produits influe sensiblement sur son activité. Elle impacte aussi bien sur les ventes que sur l’approvisionnement.

«Comme vous le savez, les commerçants détaillants sont, rudement, concurrencés par les supermarchés. Les grandes surfaces se taillent la part de lion des approvisionnements.

Elles accaparent généralement les courses hebdomadaires et mensuelles des salariés. Ces derniers ne nous rendent visite que pour de petites courses de dernière minute.

Or, si le sucre, le beurre, le café turc, le riz et bien d’autres produits marquent, que vont-ils demander ?

Certains clients renoncent à plusieurs achats rien qu’en sachant que l’un des produits qu’ils recommandent n’est pas disponible», indique-t-elle, frustrée.

Quant à l’approvisionnement, il devient difficile en l’absence de certaines denrées. «C’est que cela n’arrange pas le fournisseur d’engager un chauffeur et de se déplacer pour nous livrer un produit.

Du coup, il applique la vente conditionnée pour nous obliger à acheter d’autres produits », renchérit-elle.

L’huile subventionnée : du révolu !

Il est à souligner que parmi les produits, fort sollicités par les Tunisiens de moyens revenus, figure l’huile subventionnée. Or, elle fait défaut chez les commerçants depuis un an et demi, et ce, d’après Mohamed Ali Ayari. P

our Adel Rebah, il n’a vendu ni reçu de l’huile subventionnée depuis trois ou quatre ans ! «C’est tout à fait normal de ne plus commercialiser une huile dont un litre se vend à seulement neuf cents millimes.

Cela n’arrange aucun fournisseur. D’ailleurs, personne n’achèterait plus l’huile végétale dont le prix continue de grimper pour frôler les cinq dinars par litre», souligne Sameh.

Il est clair que la disponibilité de certaines denrées alimentaires basiques fait défaut sur le marché. Pourtant, ces mêmes produits continuent à garantir l’activité d’autres commerces, notamment les pâtisseries.

Ces dernières proposent encore des délices pur beurre à des prix gonflés.

Le sucre et la farine y sont présents via des gâteaux, des délices traditionnelles et autres produits. Le thé aussi est préparé, quotidiennement, pour répondre favorablement aux exigences des clients dans les cafés et les salons de thé…

Qu’en est-il de la transparence commerciale alors, qui devrait être un principe à respecter immanquablement ?

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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