Le stock des crédits bancaires non professionnels accordés aux particuliers en Tunisie s’élevait à 30,464 milliards de dinars à fin décembre 2025, contre 30,022 milliards de dinars à fin décembre 2024, enregistrant ainsi une augmentation de 442 millions de dinars, selon les données publiées par la Banque centrale de Tunisie.
En commentant l’ensemble des indicateurs relatifs aux crédits bancaires non professionnels destinés aux personnes physiques, l’analyste financier Bassem Neifar a indiqué, dans une analyse pour l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), que le volume des crédits accordés aux particuliers avait stagné à fin décembre 2025.
Il a souligné que la question la plus notable concerne les crédits immobiliers, représentant la majeure partie du total des crédits non professionnels, qui ont atteint 13,325 milliards de dinars à fin décembre 2025, contre 13,523 milliards de dinars à fin décembre 2024.
Bassem Neifar a noté qu’en comparant l’évolution nette du volume des crédits (remboursements et nouveaux crédits), les crédits immobiliers ont connu pour la première fois depuis 2011 une croissance négative, avec une baisse de 197,6 millions de dinars.
Il a expliqué ce recul par « la crise que traverse le secteur du logement en Tunisie », précisant que « une grande partie des Tunisiens n’est plus en mesure d’obtenir des financements bancaires pour acquérir un logement, en raison de la baisse de leur capacité d’endettement et de la priorité donnée aux dépenses quotidiennes, à l’éducation et à la santé, en attendant une nouvelle baisse des taux d’intérêt ». Il a ajouté que le logement social en Tunisie est devenu une nécessité majeure et constitue un axe central des politiques sociales de l’État.
Récemment, il a été procédé à la révision de la loi fondamentale de la Société Nationale Immobilière de Tunisie (SNIT) afin de permettre à une partie importante des Tunisiens d’accéder à la propriété, conformément aux instructions du président de la République, Kaïs Saïed, qui a insisté sur la nécessité de relancer ce type de logement et de permettre à un large segment de la population d’obtenir des logements à prix abordables, adaptés à leur pouvoir d’achat.
Le stock des crédits pour l’amélioration ou la rénovation du logement atteignait à fin décembre 2025 11,270 milliards de dinars, en progression de 315,1 millions de dinars par rapport à décembre 2024. L’analyste explique cette évolution par une amélioration effective des logements, via l’extension ou la construction d’un étage supplémentaire sur le logement existant, ce qui constitue une solution alternative pour se loger en l’absence de crédits importants pour l’achat d’un logement.
Selon lui, cette situation traduit également que « la nouvelle génération n’est plus en mesure d’accéder aux crédits bancaires, notamment ceux destinés à l’acquisition d’un logement neuf ».
D’autre part, l’analyste financier a évoqué le phénomène selon lequel une part importante des Tunisiens contracte des crédits pour l’amélioration du logement, mais utilise ces fonds à d’autres fins, principalement pour la consommation.
Concernant les crédits à la consommation, ils ont atteint à fin 2025 5,4 milliards de dinars, enregistrant une hausse de 297,6 millions de dinars par rapport à décembre 2024, mais à un rythme plus faible en volume.
Bassem Neifar a attiré l’attention sur le fait que malgré la baisse du taux directeur par la Banque centrale de Tunisie, les taux d’intérêt bancaires restent, selon lui, élevés, ajoutant : « Nous n’avons pas encore atteint des taux favorisant l’endettement des Tunisiens. Ainsi, si la politique monétaire est assouplie en 2026, cela pourrait stimuler fortement la consommation ».
En ce qui concerne les crédits bancaires destinés à l’acquisition de véhicules, ils ont atteint à fin décembre 2025 443,3 millions de dinars, soit une augmentation de 29,6 millions de dinars par rapport à fin décembre 2024.
Quant aux crédits universitaires, ils représentent une part minime du total des crédits bancaires, atteignant 14,9 millions de dinars à fin 2025. M. Neifar explique le recours à ce type de crédit par la volonté de certaines familles d’investir dans l’éducation de leurs enfants, que ce soit dans l’enseignement secondaire ou supérieur privé, estimant que cela constitue un investissement stratégique dans le capital humain, notamment face à la demande croissante, y compris étrangère, pour les compétences tunisiennes issues de l’enseignement supérieur dans des secteurs vitaux et stratégiques.