Des faits et des chiffres
15%
Après une contraction de 26,3 % en 2024, les exportations tunisiennes de phosphate et de ses dérivés ont enregistré une hausse de 15 % en 2025, selon l’Institut national de la statistique. Ce redressement marque un début de relance d’un secteur stratégique pour l’économie nationale, moteur de croissance, de réduction du déficit commercial et de recettes en devises.
Autrefois pilier de l’économie, le secteur représentait près de 4 % du PIB et 9 % des exportations en 2010, avec une production de 8 millions de tonnes. Depuis, l’activité s’est stabilisée autour de 3,5 millions de tonnes. Pour inverser cette tendance, le gouvernement a lancé un programme de modernisation de l’extraction, du transport et de la transformation. L’objectif est d’atteindre 14 millions de tonnes à l’horizon 2030, dont une large part destinée à la transformation locale.
Le président Kaïs Saïed a appelé à restaurer les performances historiques du secteur, tout en veillant à la protection des travailleurs et à la préservation des ressources hydriques, notamment via le lavage du phosphate avec des eaux usées traitées. La cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri a confirmé une production 2025 proche de 5 millions de tonnes, avec des projections 2025-2030 à 5,3 millions de tonnes, soulignant l’inscription durable du phosphate sur une trajectoire de croissance.
283,8 MD
Selon l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), la balance commerciale des produits de la pêche a dégagé un excédent de 283,8 millions de dinars (MD) à fin décembre 2025, contre 386,8 MD un an plus tôt. Malgré ce recul, le secteur reste excédentaire, avec un taux de couverture des importations par les exportations de 148 %, confirmant son rôle stratégique dans l’économie nationale.
Les exportations se sont établies à 35,5 mille tonnes, pour une valeur de 878 MD. Si les volumes ont légèrement reculé de 2,7 % par rapport à 2024, les recettes ont progressé de 3,8 %, soutenues par une hausse des prix à l’exportation de 6,7 %, atteignant en moyenne 24,8 dinars le kilogramme contre 23,2 dinars l’année précédente.
Les poissons dominent les ventes à l’étranger avec 17,5 mille tonnes (49,3 % des volumes), suivis des crustacés (23,7 %) et des conserves et semi-conserves (22,8 %). Les mollusques représentent 4,2 % des exportations. Les produits tunisiens de la pêche sont écoulés sur plus de 40 marchés, l’Italie arrivant en tête (28 %), devant l’Espagne (15 %), la Libye (10 %), et l’Algérie et le Japon (7 % chacun).
En parallèle, les importations ont fortement augmenté, tant en valeur (+29,4 % à 594,2 MD) qu’en volume (+23,4 % à 88 mille tonnes), avec des prix moyens en hausse de 5 % à 6,76 dinars/ kg. La majorité des importations (91 %) concerne les poissons, destinés à l’industrialisation (72,4 %), à l’approvisionnement local (20,8 %) et à l’engraissement (6,8 %).
187
Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a délivré 187 autorisations à de petites et moyennes entreprises (PME) pour produire de l’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque, représentant une capacité totale de 287 mégawatts (MW). Ces autorisations ont été accordées dans le cadre du cinquième round de l’appel à projets lancé sous le régime des autorisations, témoignant du dynamisme du secteur privé tunisien et de la confiance des investisseurs dans les orientations nationales. Le régime des autorisations vise à faciliter les investissements dans les énergies renouvelables, simplifier les procédures administratives et encourager les PME à devenir des producteurs d’énergie. La loi de finances 2026 prévoit une bonification de 3 %, correspondant à la contribution de l’Etat aux investissements, afin de renforcer l’attractivité du secteur. Actuellement, la part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité dépasse 11 %. La Tunisie ambitionne de réduire sa consommation énergétique de 30 % et de porter la part des renouvelables à 35 % d’ici 2030, ce qui nécessitera l’installation d’environ 4.850 MW supplémentaires, mobilisant des investissements estimés à plus de 12 milliards de dinars (environ 4 milliards de dollars).
Ce programme s’inscrit dans une vision économique et sociétale globale, visant à créer de la richesse, soutenir les secteurs industriels et énergivores et renforcer la production locale d’énergie par les PME.