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A la une Société

Chroniques de la Byrsa

  • 22 février 17:15
  • 3 min de lecture
Chroniques de la Byrsa

Le cadeau de Ramadan de la Steg

Ce n’est pas tous les jours que les abonnés de la Société tunisienne de l’électricité et de gaz (Steg) sont gratifiés d’un tel cadeau. Aussi lorsque, derrière son guichet, le très affable agent chargé de délivrer les factures aux clients venus avec le relevé de leur compteur affiché sur leur portable m’a annoncé une facture d’un montant de zéro dinar, zéro millime, j’ai un moment cru que c’était un cadeau offert à l’occasion du mois de Ramadan dont c’était le premier jour.

Commençons par le commencement. Il y a quelques semaines, j’ai reçu la facture de consommation du courant électrique qui s’élevait à une centaine de dinars. J’ai trouvé le montant quelque peu élevé au regard de la moyenne des précédents. J’ai traîné pour m’acquitter de cette somme.

Premier avertissement de la société nationale via un SMS. Toujours pas de réaction de ma part. Alors, un deuxième avis. Pour finir, j’ai pensé que j’ai exagéré et me suis résolu à être à jour avec mon fournisseur. J’ai alors pris une photo du compteur et me suis rendu le jour même à l’agence de la Steg de mon quartier.

Les factures «estimatives» sont établies au pifomètre et tout le monde ne peut se permettre de faire des «avances»

Au vu du relevé (et non «relève», comme dit l’écrasante majorité des employés de la maison et, par ricochet, des clients) et après avoir consulté son ordinateur en s’assurant que je suis bien le client dont l’identité s’affichait devant lui sur l’écran, l’agent m’annonça la bonne nouvelle. Je n’en croyais pas mes oreilles.

Alors il m’a confirmé le montant en précisant que c’était à cause de trop perçus antérieurs et qu’il me restait même un reliquat ! L’idée même de me retrouver créancier d’une entreprise dont les dus auprès de clients parfois milliardaires se montent à des millions de dinars m’a gonflé de joie et d’orgueil au point que j’ai omis de demander à mon vis-à-vis à combien s’élevait mon reliquat…

Un client normalement constitué aurait remercié la Providence pour ce cadeau inespéré et serait passé à autre chose. Mais que voulez-vous, le journaliste est ainsi fait qu’il se refuse à s’arrêter aux épilogues heureux et veut aller chercher «la maladie et ses séquelles et de quoi le juge est mort» (proverbe bien de chez nous pour dire qu’il ne faut pas s’arrêter à l’apparence des choses et que je retranscris comme suit : el ‘ella w bent el ‘ella w bèch el-cadhi mèt).

Ma conclusion est que, pour ce qui est de la facturation, la Steg est malade de dysfonctionnements hautement préjudiciables aux clients. Les factures « estimatives » sont établies au pifomètre et tout le monde ne peut se permettre de faire des « avances » de montants qui peuvent paraître minimes mais qui, pour les foyers les plus modestes, pèsent d’un poids certain sur le budget familial.

Cela fait déjà un bail que la Steg promet des compteurs «intelligents». Où en sommes-nous ?

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Auteur

Tahar Ayachi

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