Si les visiteurs de Sidi Boussaïd devraient décrire les odeurs qui les ont le plus imprégnés, ils décriraient sans doute une odeur marine et doucement iodée, celle du jasmin indolée, de la fraîcheur du thé à la menthe mais surtout, l’odeur suave du Bambalouni.
Oui, que l’on soit en train de flâner dans les ruelles pavées de Sidi Boussaïd ou venu spécifiquement en quête d’un réconfort sucré, le bambalouni ne risque pas de passer inaperçu.
Oui, cet adulé beignet chaud et doré qui porte fièrement l’emblème gourmand du célèbre village bleu et blanc est bien plus qu’une simple douceur ! Le bambalouni tunisien est une parcelle de notre identité.
Un morceau de notre histoire…Une histoire qui se croque à pleines dents. Beignet sucré emblématique de la Tunisie et qui est particulièrement associé au village pittoresque de Sidi Boussaïd, le Bambalouli Bien est une figure centrale du patrimoine culinaire tunisien.
Son histoire est le fruit d’un métissage culturel entre traditions locales et influences européennes.
Le carrefour de la rencontre entre l’Italie et la Tunisie
On pourrait facilement le deviner, de par son appellation, le bambalouni montre bien qu’il a bien des origines voyageuses. Dérivé du mot toscan « bombolone » qui signifie beignet rond frit et sucré, cette douceur a été introduite en Tunisie par la communauté juive italienne appelée « Grana » et qui est venue en Tunisie depuis la ville de Livourne.
Mais si les Livournais ont rapporté leur recette de beignet italien jusqu’à la Tunisie, c’est bel et bien entre les mains des artisans tunisiens qu’il a trouvé sa forme finale, celle typiquement nôtre.
Fusionnant la recette italienne du beignet italien avec le savoir-faire local de la Ftira traditionnelle, les pâtissiers tunisiens ont créé ce gros anneau généreux, irrégulier et bien plus léger et plus aérien et plus explosif que son cousin européen.
Une explosion des sens
Déguster un bambalouni invite le dégustateur à assister à tout un rituel : Celui d’assister à sa préparation. En effet, dans les petites échoppes du village pittoresque, le maître beignetier travaille la pâte avec une agilité fascinante en magnant avec tact un simple mélange légèrement salé de farine et d’eau « levurée ».
Une fois la pâte est dans ses mains, il la manipule d’un geste vif en l’étirant, en forme un cercle avant de la plonger dans l’huile bouillante.
Et il faut être fin connaisseur pour réussir ces gestes avec autant d’habileté. L’artisan donne alors tout un show où un beignet à la fois croustillant à l’extérieur et incroyablement moelleux à l’intérieur est délicatement sortie de son bain de huile encore brûlant, pour être généreusement saupoudré de sucre ou, pour les plus gourmands, arrosé de miel avant d’être offert tel un précieux bijou.
Preuve de son excellence, le bambalouni tunisien a été propulsé sur le devant de la scène internationale en 2026, se classant parmi les 20 meilleurs desserts au monde selon le célèbre guide gastronomique TasteAtlas.