Entre surconsommation et nécessité de contrôle accru
EN Tunisie, le mois saint de Ramadan a été, de tout temps, synonyme de consommation frénétique dans tous les foyers, ce qui engendre des dépenses alimentaires énormes à cause d’une surconsommation des produits de base, dont notamment le pain et les sucreries.
Conséquence inévitable, un coût élevé du couffin de la ménagère qui grimpe pour atteindre, mensuellement, des pics de près de 1.800 dinars pour une famille composée de quatre personnes.
Cette hausse est due essentiellement, selon des études fiables, à une consommation notable du pain, des pâtisseries et autres produits sucrés entraînant des gaspillages dans le sens où de bonnes quantités, estimées entre 15 et 20 pour cent des articles achetés, finissent dans les poubelles.
L’usure des “poches” des ménages est causée, entre autres, et outre la surconsommation, par la flambée inhabituelle des prix touchant la plupart des produits, en l’occurrence les viandes rouges, et ce, en dépit de la fixation des marges bénéficiaires de bon nombre d’articles.
A noter que cette situation est de mise malgré la disponibilité des produits de base, à savoir le lait, la farine, le café et le sucre, grâce à l’existence des stocks dits stratégiques afin de répondre à temps à la demande accrue au cours de ce mois sacré.
Or, malgré le renforcement des équipes de contrôle économique dans la majorité des points de vente ainsi que dans les principaux marchés de gros, la régularité des ventes laisse encore à désirer, sachant que dès le premier jour de Ramadan, plusieurs centaines d’infractions ont été relevées, principalement le manque d’affichage des prix et la hausse illicite, ce qui a entraîné des saisies massives de produits avariés ou impropres à la consommation, surtout dans des dépôts insalubres.
Ainsi, la solution idéale résiderait dans l’auto-contrôle des dépenses, ce qui explique l’appel lancé par l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (Otic) aux Tunisiens à ce qu’ils procèdent à la modération et à la rationalisation de leurs emplettes dans la mesure où ils doivent éviter les consommations inutiles et la frénésie d’achat afin de préserver le principe de l’équilibre entre l’offre et la demande.
L’objectif final de ces conseils à la “sagesse” étant de couper l’herbe sous le pied des spéculateurs qui profitent de ces périodes pour faire grimper les prix et réaliser des bénéfices illicites aux dépens des citoyens qui voient le niveau des prix dépasser leur pouvoir d’achat.
Heureusement, les efforts des autorités, des organisations et des consommateurs se conjuguent, en ces temps, en multipliant les appels à éviter la frénésie d’achat et le stockage excessif, qui favorisent la spéculation et augmentent le risque de consommer des produits de moindre qualité.