Question de la semaine : Un entrepreneur peut-il réussir sans intelligence émotionnelle ?
La Presse — N’est pas entrepreneur qui veut ? La réponse, à vrai dire, ne fait pas l’unanimité. Pour certains, l’entrepreneuriat est à la portée de tous ; pour d’autres, il nécessite des prérequis. Certains iront même jusqu’à soutenir qu’il est tributaire de prédispositions.
Ce que les études et les chiffres disent, c’est que l’entrepreneuriat est avant tout une question de détermination et de persévérance.
Loin d’être confortablement installé, l’entrepreneur évolue dans une aventure permanente. Il doit faire preuve de courage et entretenir une certaine affinité avec le risque.
Un entrepreneur ne baisse pas les bras au moindre obstacle ; il sait prendre des risques « mesurés » afin de saisir les opportunités qui s’ouvrent à lui. En matière d’entrepreneuriat, la littérature est abondante. Les théories aussi.
Si l’entrepreneuriat est ouvert à tous, dans la mesure où chacun peut disposer d’une idée qui lui correspond, la réussite dans ce domaine, et le passage de l’idéation à la concrétisation dépendent parfois de certaines caractéristiques propres à l’entrepreneur, mais également de son environnement et de spécificités culturelles, notamment de la culture entrepreneuriale.
Plusieurs théoriciens ont souligné, à cet égard, l’importance de la volonté individuelle dans l’aboutissement du processus de création d’entreprise.
L’ouverture d’esprit, le sens de l’observation et la capacité d’analyse constituent également des atouts majeurs pouvant servir d’armure à un jeune entrepreneur.
Mais il existe un autre allié, souvent sous-estimé, qui peut faire toute la différence dans la concrétisation d’une idée entrepreneuriale : l’intelligence émotionnelle.
Définie comme la capacité à identifier, comprendre, gérer et utiliser ses propres émotions ainsi que celles des autres de manière positive, l’intelligence émotionnelle joue un rôle central dans la transformation d’une idée en projet viable.
Elle figure parmi les facteurs déterminants du passage de l’idéation à la réalisation d’un projet. En effet, l’entrepreneur traverse de nombreux états émotionnels tels que la joie, le doute, la frustration, la pression ; tout en assumant des responsabilités variées comme la gestion d’équipe, la négociation et la prise de décisions.
L’intelligence émotionnelle lui permet de mieux réguler ses émotions, d’éviter les réactions sous stress et de prendre du recul face aux situations complexes.
Elle favorise aussi une gestion plus efficace des équipes grâce à l’empathie, améliore la qualité des négociations en aidant à comprendre les émotions des interlocuteurs, renforce les relations durables avec les clients et soutient la résilience nécessaire pour surmonter les échecs et persévérer dans le temps.
C’est qu’au fond, entreprendre ne relève ni d’un simple talent inné ni d’un pur calcul rationnel. C’est un équilibre subtil entre vision, courage et maîtrise de soi.
Et dans cette équation, l’intelligence émotionnelle apparaît moins comme un atout secondaire que comme un véritable levier de résilience et de performance durable.