Ce qui menace l’école menace la République
A notre, sens ce n’est pas un simple texte de loi qui relève de la technique juridique, mais d’un choix de civilisation. Le projet n°15/2026 relatif à la sécurité nationale éducative appartient à cette catégorie rare: celle des lois qui disent, au-delà des articles et des alinéas, ce qu’une nation accepte — et surtout ce qu’elle refuse.
Sanctuariser l’espace éducatif n’est pas un slogan, c’est une exigence souveraine. L’école n’est ni une rue annexe ni un territoire permissif. Elle est ce lieu matriciel où se forge l’intelligence collective, où se dessine la citoyenneté de demain.
Qu’y prospèrent la drogue, le harcèlement, l’embrigadement numérique ou les agressions sexuelles, cela constitue non seulement un crime contre des enfants, mais une atteinte frontale à la sécurité nationale.
Le projet de loi a le mérite de nommer les choses avec rigueur et de les hiérarchiser avec gravité : ce qui menace l’école menace la République.
La peine de perpétuité pour les trafiquants opérant dans les établissements scolaires et pour les auteurs d’agressions sexuelles contre des mineurs n’est pas une surenchère émotionnelle ; elle est la traduction pénale d’un principe intangible : l’enfance n’est pas une zone grise du droit.
Ceux qui transforment les cartables en cibles et les cours de récréation en marchés doivent savoir que la société leur oppose un mur infranchissable. La clémence, lorsqu’elle se fait naïveté, devient complicité involontaire.
Le texte se distingue également par sa cohérence structurelle. En unifiant un arsenal jusque-là dispersé entre divers codes et lois, il consacre l’idée d’un cadre juridique spécifique, à la hauteur de la spécificité de l’espace éducatif.
La création d’une direction générale dédiée, l’obligation d’une stratégie nationale annuelle, l’articulation entre prévention psychologique, accompagnement social et réponse sécuritaire : tout concourt à faire de cette loi non un simple outil répressif, mais une architecture globale de protection.
Il faut le dire sans détour : les cartels et les réseaux criminels prospèrent là où la loi hésite, là où les sanctions s’émoussent. Dans de nombreux pays ravagés par la drogue, l’indulgence législative a précédé l’emprise mafieuse.
C’est parce que les lois ont été trop clémentes que les cartels s’y sont installés durablement. Refuser cette dérive n’est pas céder à la sévérité aveugle ; c’est choisir la fermeté lucide.