gradient blue
gradient blue
A la une Culture

Les « Nuits ramadanesques » démarrent au Club Culturel Tahar Haddad : Une prestation magistrale de Dali Chebil

Avatar photo
  • 23 février 20:15
  • 5 min de lecture
Les « Nuits ramadanesques » démarrent au Club Culturel Tahar Haddad : Une prestation magistrale de Dali Chebil

Il est l’un des artistes tunisiens les plus prisés par un public diversifié et possède des atouts lui permettant d’avoir une carrière encore plus brillante.

La Presse — Le Club culturel Tahar Haddad perpétue sa tradition de célébrer chaque année le mois saint par une programmation artistique choisie avec soin.

Du 21 février au 11 mars 2026, treize temps forts meubleront ses « Nuits ramadanesques » (Layali Ramadhan) en plus d’autres spectacles qu’il abrite dans le cadre du Festival de la Médina.

Lors de la première soirée, le public a été au rendez-vous avec Dali Chebil pour un concert exceptionnel à tous points de vue.

Le Club culturel Tahar Haddad est, avant tout, bien davantage qu’une simple salle de spectacle. C’est une institution fondée depuis près d’un demi-siècle au cœur de la Médina et qui continue à résister en dépit des contraintes budgétaires.

Dans cet écrin où dialoguent mémoire des murs et ferveur artistique, chaque concert offre une expérience spéciale, intimement liée au lieu : son architecture, sa décoration, les tableaux réalisés par Karama Ben Amor qui subliment l’espace et la proximité qu’offre la petite salle de concert entre les artistes et leur public.

Dali Chebil a été accueilli sur scène par de longs applaudissements chaleureux. Il est, en effet, l’un des artistes tunisiens les plus prisés par un public diversifié et possède des atouts lui permettant d’avoir une carrière encore plus brillante.

Grâce à sa voix puissante et porteuse d’émotions, il explore une large palette de genres musicaux.

Ses reprises, comme son propre répertoire, illustrent sa passion et confirment l’étendue de son talent.  Avec son élégance, son charisme et sa manière d’interagir avec le public, il fait de chaque passage un succès incontestable.

Pour son concert au Club culturel Tahar Haddad, il a partagé la scène avec des musiciens accomplis : à la batterie Mohamed Ali El Ech, aux percussions (Bendir et Derbouka) Skander Ben Amou et au clavier Bechir Ghorbel.

La présence d’Outail Mâaoui au violon a été une agréable surprise. C’est, en effet, l’un des violonistes les plus célèbres en Tunisie avec un parcours riche en collaborations prestigieuses à l’étranger.

Il a également monté son propre spectacle, « Ombres d’Atlas », avec un grand succès auprès du public et des critiques.

Le programme a été entamé par des chansons soufies. Les sonorités du bendir retentissant ont fusionné avec les notes du oud de Dali Chebil, donnant le ton d’un début de soirée empreint de spiritualité et de traditions ramadanesques.

Par la suite, place au tarab avec « Yelli Dhalemni » et « Idha tghib aalaya ye welfeti ».

Ce qui rend la performance de Dali Chebil particulière, c’est qu’il interprète ces airs particulièrement exigeants sans maniérisme, avec spontanéité, tout en donnant l’impression de maîtriser parfaitement son art.

La chanteur a enchaîné avec une sélection de classiques intemporels dont « Chnia deyna », « Fel berrima », « Hobi yetbadel yetjaded », « Bahdha hbibti »… Le public qui les connaît par cœur l’a accompagné au chant.

Comme les spectateurs étaient de générations différentes, cette ambiance, qui allie l’enthousiasme des jeunes et des plus âgés, constitue certes une expérience mémorable et souligne l’importance de ces événements culturels dans la transmission de notre héritage musical.

La convivialité de la soirée a été renforcée par la prestation des musiciens, à la fois souriants et pleins d’entrain, avec une énergie et une bonne humeur contagieuses.

Certains morceaux ont été réarrangés pour mettre le violon d’Outail Mâaoui à l’honneur, captivant l’audience par ses solos et ses introductions musicales.

En plus des reprises, Dali Chebil a interprété deux parmi ses propres titres phares. Il s’agit de « Ija nahlilek » et « Chkoun fina ».

Ce sont les spectateurs qui les ont fortement réclamés et les ont chantés avec lui, dans un moment de partage et d’émotion encore plus intense que le reste de la soirée.

C’était bien la preuve que le public sait reconnaître et apprécier les nouvelles créations musicales de qualité et qu’il ne privilégie pas forcément les reprises.

On aurait voulu écouter « Nmout aalik », son adaptation de « La foule » d’Edhith Piaf en dialecte tunisien. Or, en une heure et demie, le temps qu’a duré le concert, il était difficile de répondre à toutes les sollicitations du public.

D’ailleurs, Dali Chebil nous a confié avant son passage sur scène que le programme de ses prestations n’est jamais rigide, mais plutôt modulable en fonction de l’enthousiasme et des requêtes de l’audience.

Les « Nuits ramadanesques » du Club culturel Tahar Haddad  se poursuivent, avec encore plus de surprises et de spectacles de haut niveau et des tarifs symboliques allant de 10 à 20 dinars.

 Pour ceux qui ont raté le concert de Dali Chebil ou qui souhaitent le revoir sur scène, rendez-vous le 11 mars à Dar Lasram dans le cadre du Festival de la Médina.

De son côté, Outail Mâaoui enchantera de nouveau le public avec le spectacle « Ombres d’Atlas » prévu le 26 février au Centre culturel Bir Lahjar.

Avatar photo
Auteur

Amal BOU OUNI

You cannot copy content of this page