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Flux des IDE : La Tunisie renforce son attractivité économique

  • 23 février 18:15
  • 6 min de lecture
Flux des IDE : La Tunisie renforce son attractivité  économique

Sur un échiquier économique mondial de plus en plus complexe, la Tunisie a tiré son épingle du jeu en consolidant sa réputation de destination économique stable et dynamique pour les investisseurs.

2026 se profile ainsi comme une année charnière pour les investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie, qui ambitionne de doubler leur valeur pour atteindre 4 milliards de dinars (1,29 milliard USD) cette année.

La Presse —La Tunisie surfe ainsi sur une dynamique vertueuse, fruit d’un travail de fond engagé depuis des années. Il y a un grand travail de promotion de la destination Tunisie auprès d’investisseurs étrangers à travers les roadshows menées, à travers les différentes rencontres avec les investisseurs internationaux, sur tous les secteurs, industrie, énergie renouvelable, tourisme, transport et logistique, digital… confirmant ainsi le virage stratégique de l’économie nationale vers l’innovation et la durabilité. Cet effort de promotion se fait aussi beaucoup avec les entreprises tunisiennes, pour montrer l’intérêt pour les entreprises d’investir dans le pays.

Secteurs les plus attractifs

La Tunisie s’emploie à créer un environnement propice aux investissements étrangers, en mettant l’accent sur les secteurs stratégiques et porteurs, tout en veillant à ce que ces investissements contribuent de manière durable au développement économique et social du pays. Elle envisage cette année de maintenir cette dynamique positive des IDE.

Les efforts déployés ces dernières années pour promouvoir la Tunisie auprès des investisseurs étrangers laissent présager un avenir prometteur pour les investissements directs étrangers dans le pays. Les perspectives pour 2026 sont encore plus encourageantes, grâce aux nombreux projets d’envergure déjà signés et en cours de réalisation.

Le gouvernement mise sur une approche sectorielle ciblée autour de l’automobile, l’aéronautique, le numérique, la pharmacie et l’agroalimentaire, avec pour objectif de porter le taux d’intégration locale du secteur automobile de 40 % à 55 %, ce qui signifie que la Tunisie passera d’une simple plateforme d’assemblage à un véritable centre de fabrication de composants complexes.

Cette approche repose sur l’attraction d’entreprises capables de créer des chaînes d’importation locales intégrées, ce qui renforcera la capacité de la Tunisie à s’intégrer dans les réseaux mondiaux d’intégration industrielle.

Stratégie promotionnelle globale

Force est de rappeler que la Tunisie a entamé la mise en œuvre d’une stratégie promotionnelle globale visant à doubler les flux d’investissements directs étrangers pour atteindre 4 milliards de dinars, à la lumière des résultats obtenus en 2025, qui ont vu une croissance des investissements étrangers de 30,1 %, selon les indicateurs du ministère de l’Économie et de la Planification.

Cette année verra l’adoption d’une matrice de ciblage pays/secteur, selon une approche sectorielle précise visant à orienter les efforts vers les activités à forte valeur ajoutée. Le gouvernement place ainsi le secteur de l’industrie automobile au premier rang de ses priorités.

La carte nationale de l’investissement sera officiellement lancée en 2026, une réalisation visant à activer la décentralisation économique en mettant en évidence les avantages préférentiels de chaque région et district à travers la liaison entre les ressources naturelles et humaines, les spécificités culturelles, la localisation géographique de chaque région et les opportunités d’investissement disponibles.

Cette carte permettrait à l’État d’orienter les investissements étrangers vers des secteurs prometteurs dans les régions intérieures, tels que l’agriculture avancée, le tourisme alternatif et les industries manufacturières.

Par ailleurs, l’État œuvrera pour la première fois à « construire une marque économique intégrée qui promeut la Tunisie comme une destination d’innovation, pas seulement pour la main-d’œuvre moins chère.

Cette tendance sera commercialisée à travers des plateformes numériques unifiées sous le slogan «Invest in Tunisia», ou “investir en Tunisie” dans le but d’unifier le discours diplomatique et économique devant les cercles financiers et commerciaux internationaux».

À travers cette stratégie, la Tunisie œuvre non seulement à augmenter les flux financiers, mais aussi à transformer l’investissement étranger en un véritable moteur de développement global et d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

L’amélioration de l’investissement local est nécessaire

Les investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie ont bondi de 30,3 % en 2025, atteignant 3,572 milliards de dinars contre 2,742 milliards de dinars en 2024, dépassant ainsi l’objectif annuel fixé à 3,4 milliards de dinars.

Le secteur manufacturier reste le principal générateur de capitaux, captant 62,6 % du total des IDE avec 2,194 milliards de dinars, suivi du secteur des services (657,9 millions de dinars), l’énergie (570,8 millions de dinars) et l’agriculture (83,7 millions de dinars).

L’attractivité des IDE est centralisée sur les zones côtières. Le deuxième district, regroupant les gouvernorats de Tunis, l’Ariana, Ben Arous, Zaghouan, la Manouba et Nabeul, concentre à lui seul 64 % des flux hors énergie (1,8783 milliard de dinars).

La France est le premier investisseur en Tunisie avec des flux de 899,8 millions de dinars et la création de 4 354 emplois, suivie par l’Allemagne (391,3 millions de dinars), l’Italie (334,7 millions de dinars), les Pays-Bas (191,2 millions de dinars) et les Etats-Unis (137,9 millions de dinars). Par ailleurs, les entreprises étrangères ou à participation étrangère poursuivent la création d’emplois.

En effet, les IDE créent 13.000 emplois par an et atteignent parfois 15.000, en particulier pour les entreprises en expansion. À l’évidence, il serait nécessaire d’accélérer le plan de réformes structurelles dans plusieurs secteurs stratégiques, ce qui entraînerait une augmentation des investissements directs étrangers et d’accroître, également, l’investissement public, notamment dans les infrastructures, et l’investissement privé.

Un saut qualitatif en matière d’investissement local est nécessaire, car les entreprises tunisiennes constitueront un atout pour leurs homologues étrangers, leur permettant d’accéder à de nouveaux marchés.

Il est également important d’internationaliser les entreprises tunisiennes et de faciliter leur implantation à l’étranger.

Les impacts à court, moyen et long terme pourraient être significatifs pour l’économie nationale et le développement local à travers la création d’emplois directs et indirects dans les régions.

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Auteur

Najoua Hizaoui

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