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Société

Témoignage – Mejri Ali, 64 ans, ancien habitant de l’immeuble menacé de démolition à la rue Fadhel Ben Achour – La Petite Sicile : « J’ai dû quitter mon logement sans aucune indemnisation »

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  • 23 février 19:15
  • 3 min de lecture
Témoignage – Mejri Ali, 64 ans, ancien habitant de l’immeuble menacé de démolition à la rue Fadhel Ben Achour – La Petite Sicile : « J’ai dû quitter mon logement sans aucune indemnisation »

« Je m’appelle Mejri Ali, j’ai 64 ans et je suis retraité. J’ai vécu dans cet immeuble depuis 1978. Chaque mois, je payais mon loyer, mais sans jamais recevoir de reçu.

En novembre 2023, une partie du bâtiment s’est effondrée, ce qui a entraîné l’intervention des autorités, notamment municipales. On nous a alors accordé un délai pour quitter les lieux, que nous avons refusé, faute d’alternative.

Par la suite, une décision officielle nous a intimé l’ordre d’évacuer, avec le recours aux unités de police. J’ai déposé plainte et j’ai été entendu dans les locaux du ministère de l’Intérieur.

Depuis, j’attends une décision de justice, mais à ce jour, je n’ai reçu aucune réponse.

L’immeuble appartiendrait toujours, selon les documents en ma possession, à un ressortissant italien. Le propriétaire actuel, de nationalité tunisienne, ne serait pas le véritable détenteur légal du bien. Je dispose de pièces attestant de cette situation ».

Selon notre témoin, l’immeuble reste, à ce jour, sous le coup d’une décision de démolition toujours non exécutée. Sur place, le bâtiment (un rez-de-chaussée surmonté de deux étages) porte les traces de la dégradation comme on l’a constaté.

Il risque de s’effondrer à tout moment. Une pancarte officielle, fixée sur la façade par les autorités de tutelle, alerte sans équivoque : « Attention danger – Bâtiment menaçant ruine », comme un avertissement figé face à une situation qui perdure.

Les habitants d’un immeuble voisin vivent dans la crainte permanente d’un effondrement, redoutant particulièrement pour la sécurité de leurs enfants.

Le risque, selon le témoignage d’une dame sur place, est bien réel, d’autant que la zone connaît un important va-et-vient quotidien. Faouzi Bouafif, l’un des riverains concernés, nous confie son inquiétude.

Il dit craindre pour ses enfants face à cette menace persistante. Selon ses dires, les autorités municipales lui ont confirmé qu’une décision de démolition a d’ores et déjà été prise.

Il attend toujours, dans la peur, l’exécution de cette décision. A ce propos, l’activiste local et citoyen engagé Mohamed Mechfar souligne la complexité du dossier auquel sont confrontées les autorités locales.

Selon lui, nombre de ces bâtiments restent juridiquement liés à des propriétaires étrangers ou à des successions impliquant plusieurs héritiers, ce qui complique toute prise de décision.

A cela s’ajoute la présence d’occupants ne s’acquittant pas de loyers, rendant la situation foncière encore plus embrouillée.

Ce chevauchement de statuts et de responsabilités a d’ailleurs donné lieu à plusieurs litiges, freinant davantage l’intervention des autorités, conclut-il.

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Auteur

Samir DRIDI

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