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Société

Jeûne et maladies chroniques : Une autorisation au cas par cas

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  • 24 février 18:45
  • 5 min de lecture
Jeûne et maladies chroniques : Une autorisation au cas par cas

Le jeûne revêt, outre sa vocation religieuse et spirituelle, un aspect purificateur pour l’organisme sauf pour certains malades chroniques.

Dans bien des cas, jeûner risque de nuire à la santé et enfreindre tout un processus thérapeutique médicamenteux, fondé aussi sur une hygiène de vie et sur un horaire salutaires. 

La Presse — En effet, pour bon nombre de malades chroniques, s’abstenir de jeûner rime avec sagesse. Même la religion l’autorise.

Cependant, une telle décision ne peut aucunement être prise à titre aléatoire ; le médecin traitant, qu’il soit de première ligne ou encore un spécialiste, est le seul à en décider, l’état métabolique et mental de son patient et les résultats des bilans cliniques à l’appui.

Le Dr Olfa Brigui, gériatre, attire l’attention sur la relativité de la question. Il faut dire que le droit au jeûne diffère d’un malade chronique à un autre et d’une maladie à une autre.

« Pour les insuffisants rénaux, par exemple, notamment ceux soumis au traitement par hémodialyse, le jeûne leur est strictement interdit. En revanche, pour d’autres maladies, la décision revient au médecin traitant et varie au cas par cas », indique-t-elle à La Presse.

La liste des maladies chroniques étant exhaustive, le zoom sera axé sur les trois maladies les plus répandues dans notre pays soit le diabète, l’hypertension artérielle et les maladies cardio-vasculaires.

« Pour tout malade chronique, il est impératif, un mois avant Ramadan, de consulter son médecin traitant et de faire un bilan clinique à même d’éclairer le médecin sur son état de santé sur l’évolution de sa maladie et sur son aptitude à contrôler sa situation métabolique et pathologique.

Certains malades, notamment les séniors, sont dans l’incapacité de gérer leur état de santé. Seuls ceux avisés et qui gèrent comme il se doit leur maladie pourraient être autorisés à jeûner », renchérit-elle.

Hypo et hyper glycémies : attention aux risques !

Jeûner est possible uniquement pour les diabétiques qui maîtrisent leur maladie, en enregistrant des valeurs glycémiques proches de la normale et en suivant les consignes du médecin traitant à la lettre.

« D’abord, il est recommandé, pour tout diabétique, de se munir d’un glucomètre afin de pouvoir effectuer le test glycémique à tout moment.

Au moindre malaise ressenti, tels les vertiges, les sueurs, les tremblements, la sécheresse de la bouche, le malade est vivement appelé à rompre le jeûne.

Un test glycémique effectué à temps permettra de savoir la valeur glycémique.

Si cette dernière, poursuit la gériatre, est inférieure à 0,70gr/ litre, on parle d’une hypoglycémie sévère qui nécessite l’interruption immédiate du jeûne.

Cette solution s’impose aussi en cas d’hyperglycémie, soit une glycémie supérieure à 3gr/ litre ».

Ne négligeons pas le «  s’hour » !

Outre la surveillance constante du taux glycémique et de son état de santé, le diabétique-jeûneur doit nécessairement respecter les consignes relatives à l’hygiène alimentaire.

La spécialiste rappelle les principales règles à appliquer, à savoir une alimentation saine et équilibrée aussi bien à la rupture du jeûne qu’au « s’hour ».

« Il faut éviter, souligne-t-elle, les plats riches en sel, en sucre évidemment et en gras. Le « s’hour » constitue un repas à prendre inéluctablement.

Il doit contenir un produit laitier, du pain complet pour éviter les hypoglycémies.

Encore faut-il insister sur une bonne hydratation en privilégiant l’eau et en évitant les boissons sucrées ».

Hypertendus : gare au sel et au gras !

S’agissant des hypertendus, le même parcours est à prendre pour un jeûne dépourvu de complications.

« Il faut, en effet, consulter pour s’assurer de son aptitude à jeûner mais aussi pour adapter les prises de médicaments à l’horaire ramadanesque.

Une tension artérielle est dite équilibrée lorsqu’elle oscille entre 12 et 13.

Au-delà de ces valeurs, elle s’avère être mal-équilibrée, empêchant ainsi le malade de jeûner », précise Dr Brigui. Et d’ajouter que le régime alimentaire d’un hypertendu doit être pauvre en sel, en fritures et en gras.

« Si en plein jeûne, le malade ressent une insoutenable céphalée, des vertiges ainsi qu’un bourdonnement aux oreilles, il doit interrompre le jeûne dans l’immédiat et se faire mesurer la pression artérielle », insiste la gériatre.

Maladies cardiovasculaires : non aux écarts alimentaires !

Enfin, pour les malades souffrant d’une insuffisance cardiaque, l’autorisation de jeûne ne peut être donnée que dans le cas d’une insuffisance légère et parfaitement maîtrisée.

Une consultation pré-ramadanesque s’impose. Le malade doit faire preuve de vigueur : pas de dépassements ni d’écarts alimentaires.

Le régime alimentaire doit être pauvre en sel, en sucre et en gras. Une bonne hydratation est vivement recommandée.

« Pour les malades chroniques mais aussi pour les personnes saines, il convient, recommande la spécialiste, de boire entre un litre et demi et deux litres d’eau par jour.

Idem pour Ramadan. Opter pour une alimentation pauvre en sel, en sucre et en gras fait partie des bonnes habitudes alimentaires à adopter en guise de prévention et de bonne hygiène de vie ».

 

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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