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Stabilisation du marché : L’enjeu d’une approche économique intégrée

  • 24 février 17:15
  • 4 min de lecture
Stabilisation du marché : L’enjeu d’une approche économique intégrée

La bataille contre la spéculation, le monopole et la hausse des prix a besoin, en plus des opérations de contrôle et de suivi, de toute une approche économique intégrée, qui placerait la souveraineté comme l’une des priorités stratégiques.

Cette souveraineté est d’autant plus importante qu’elle constitue, comme le rappelle à chaque fois le Chef de l’Etat, un fondement de la sécurité nationale, un levier d’autonomie économique et un élément de valorisation sociale.

La Presse — Depuis quelques jours, avant même l’entame du mois de Ramadan, l’on assiste, impuissant, à l’envolée spectaculaire des prix de certains produits alimentaires de base. Une hausse confirmée, d’ailleurs, par les derniers rapports de l’Institut national de la statistique (INS).

Des hausses qui risquent, selon les analystes, de conduire à l’érosion effective du pouvoir d’achat du citoyen, déjà sous pression.

Cette réalité amène, souvent, les ménages, notamment ceux de la classe moyenne ou à faibles revenus, à multiplier les astuces personnelles pour alléger la pression, notamment à travers la réduction du gaspillage alimentaire, la chasse aux promotions, de plus en plus fréquentes, notamment dans les grandes surfaces, ou encore la suppression de tout ce qui est superflu.

Certes, de telles  pratiques, qui sont d’ailleurs courantes un peu partout dans le monde, sont importantes mais elles restent tout de même insuffisantes en raison de la complexité des exigences quotidiennes.

Cela suppose donc l’identification d’autres mesures gouvernementales  sécurisantes et beaucoup plus radicales.

A ce stade, l’Etat pourrrait prendre, comme le soutient la majorité des observateurs, « des dispositions de blocage, mêmes temporaires, de certains prix de consommation de base, et l’allégement des taxes sur  les produits de première nécessité ».

L’ Etat pourrait également renforcer encore plus son soutien aux agriculteurs pour les aider à alléger les coûts à la production, limiter les répercussions sur les prix, sécuriser les chaînes d’approvisionnement, bloquer le plafonnement des prix et stabiliser ainsi le marché.

On pense aussi que les  subventions directes, la régulation des marges des  intermédiares, ou encore les aides exceptionnelles aux couches vulnérables, constituent des options sérieuses.

Cap sur la productivité

Il serait important, par ailleurs, de peaufiner davantage les opérations de contrôle et de suivi du marché. Et à ce titre, on ne peut que se féliciter de la mobilisation, sur instructions du Président, d’unités sécuritaires pour la lutte contre le monopole, la spéculation, la hausse des prix et le contournement des circuits légaux de distribution.

Une belle initiative qui traduit le souci de mettre un terme, du moins réduire dans une large proportion, des pratiques commerciales qui n’ont cessé, des années durant, d’envenimer sérieusement le quotidien des ménages tunisiens, de freiner la consommation et d’impacter, du coup, l’économie nationale. D’ailleurs, les premiers bilans annoncés confirment l’efficacité d’une telle disposition.

On estime, toutefois que pour assainir, durablement, le commerce des pratiques illégales, il est important de moderniser, encore plus, les moyens de contrôle et de suivi. En effet, évolution du marché oblige, les unités sécuritaires ont besoin de moyens technologiques avancés et, plus particulièrement, de plateformes digitales qui permettent le suivi, en temps réel, des circuits de distribution, la traçabilité des produits et l’identification des anomalies.

Par ailleurs, tout le monde en convient, la bataille contre la spéculation et le monopole doit être conduite dans le cadre d’une approche économique intégrée qui placerait la souveraineté productive au cœur de ses priorités.

Il est vrai, en effet, que nos principaux producteurs, sont encore loin de répondre à un niveau de compétivité élevé, ce qui justifie cette large dépendance à l’offre étrangère. N’oublions pas que plus de 50% de nos produits alimentaires sont importés.

L’amélioration du niveau de la productivité permettrait donc, et comme on l’a déjà soulevé, de réduire cette dépendance, de sécuriser l’approvisionnement et de réactiver le marché.

Elle constitue, en parallèle, un rampart infranchissable contre les éventuels dérapages commerciaux, un vecteur de multiplication des sources de création de richesse et un fondement de stabilisation sociale.

Auteur

Anis SOUADI

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