Les équipes de contrôle économique du ministère du Commerce et du Développement des Exportations ont recensé près de 3 400 infractions économiques au cours des cinq premiers jours du Ramadan, soit environ 650 infractions par jour à l’échelle nationale, a indiqué Samir Khalfaoui, directeur de la recherche économique du ministère.
Selon lui, les principales infractions concernent la hausse des prix et les pratiques monopolistiques, telles que le refus de vente, la vente conditionnée, l’augmentation des prix des produits de première nécessité et des produits agricoles encadrés, ainsi que le défaut d’affichage des prix, signe d’un manque de transparence dans les transactions.
Au total, les autorités ont saisi 35 tonnes de dérivés de céréales subventionnées et relevé 30 infractions liées à la manipulation du système de subvention.
S’y ajoutent 5,4 tonnes de fruits et légumes, dont 800 kg de bananes de contrebande, 12 805 œufs, 2 489 litres d’huile végétale subventionnée, 840 boîtes de conserves de tomates, 7,7 tonnes de sucre et 3 122 paquets de tabac.
Plus de 14 000 visites de terrain ont été effectuées par 450 équipes de contrôle couvrant différents circuits de distribution et points de vente.
Le directeur a souligné que l’augmentation du nombre d’intervenants sur le marché, en particulier les saisonniers, nécessite un renforcement des efforts de surveillance et l’élargissement des zones d’intervention.
Pour garantir la stabilité des prix pendant le mois sacré, un programme préventif a été mis en place, couvrant la production, le stockage, le transport et la distribution, avec la création de cellules permanentes de contrôle dans les marchés.
Des plafonds de prix de gros ont été fixés pour certains produits de base comme l’oignon sec, le poivron, la tomate et la pomme de terre, et des marges bénéficiaires exceptionnelles ont été limitées à 25 % pour la vente au détail et à 15 % pour les surfaces commerciales, contre 35 % auparavant.
Toutefois, les prix des légumes à feuilles ont fortement augmenté dans certains points de vente, un phénomène attribué à la concentration des efforts de contrôle sur les produits de première nécessité et les produits agricoles frais les plus impactants sur le pouvoir d’achat.
Khalfaoui a rassuré les consommateurs sur la disponibilité des produits subventionnés, précisant que les stocks actuels peuvent couvrir les besoins de consommation pour plus de deux mois, sans compter les approvisionnements supervisés par l’Office Tunisien du Commerce, notamment pour le café, le sucre, le thé et le riz.
Il a toutefois souligné que certaines pénuries ponctuelles restent liées à des pratiques monopolistiques et a appelé les consommateurs à signaler toute rupture afin de permettre une intervention rapide.
Concernant le pain et les produits agricoles, aucune pénurie n’a été constatée. Les autorités ont injecté des quantités supplémentaires de farine pour prévenir la spéculation et le monopole.
L’approvisionnement en légumes s’est amélioré après la fin de la période de déficit structurel, tandis que les fruits, notamment les agrumes et les pommes, restent abondants sur les marchés, à des prix variés et accessibles.