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Culture

Au Clair de la Lune à Dar Sebastien : Faire vibrer Hammamet entre maqâms et clavier occidental

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  • 26 février 19:30
  • 3 min de lecture
Au Clair de la Lune à Dar Sebastien : Faire vibrer Hammamet entre maqâms et clavier occidental

Il y a des lieux qui respirent mieux la nuit. Le Centre Culturel International de Hammamet, que l’on appelle Dar Sebastien, appartient à cette géographie sensible où le silence de Ramadan devient matière sonore.

Du 2 au 8 mars 2026, la manifestation «Au clair de la lune» y déploie une nouvelle édition placée sous le signe de «L’ombre de la maison Sebastien», comme si les murs eux-mêmes se mettaient à écouter.

La Presse —Ici, la musique tunisienne ne s’expose pas, elle s’interroge et se réinvente. Elle avance entre influences méditerranéennes et souffles sahariens, puis croise le piano occidental, cet instrument voyageur que l’on dit tempéré mais qui, sous nos latitudes, apprend l’ivresse des modes orientaux.

Il ne s’agit pas d’un simple dialogue Est-Ouest, mais d’une véritable tunisification du clavier, une manière d’apprivoiser l’harmonie européenne pour la faire vibrer au rythme de notre mémoire collective.

La soirée d’ouverture, lundi 2 mars, pose d’emblée les jalons d’une traversée intérieure avec «Fragments» de la Chorale Dhikra dirigée par Hichem Ben Omar, suivie de «Histoires méditerranéennes» de Mohamed Raja Farhat, deux propositions qui tissent la polyphonie des rives et l’intime des voix.

Mardi 3 mars, Ahmed Jelmam investit la scène avec «Hiyam.. Passion des cœurs», ode ardente où l’amour devient territoire musical. Mercredi 4 mars, Mohamed Jebali offre «Tsaltina», clin d’œil aux ivresses populaires et aux raffinements mélodiques qui font danser l’âme.

Jeudi 5 mars, Ahmed Rebai convoque la poésie avec «Roubaiyat», tandis que vendredi 6 mars, Asma Ben Ahmed sert un «Ahwa» aux parfums de confidences nocturnes et de notes suspendues. Samedi 7 mars, Mohamed Ali Becheikh dévoile «Emerald», éclat vert et promesse d’une fusion assumée entre modernité et racines.

Enfin, dimanche 8 mars, la clôture se fait en diptyque avec «Attakbira» de Montasser El-Bazaz et «Dans l’ombre de la scène» de Halima Daoud, comme un écho aux ombres bienveillantes qui auront accompagné toute la semaine.

Chaque soir, le public est convié à plus qu’un concert, à une expérience d’écoute où la scène n’est plus frontière mais passerelle. On y vient pour retrouver un air familier, on en repart avec une nuance nouvelle.

Lancée en 2019, «Au clair de la lune» s’inscrit désormais comme un rituel ramadanesque où la musique devient reflet de l’âme et du temps, attentive à la respiration du mois sacré.

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Auteur

Asma DRISSI

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