La Presse — La question devient très nuisible et très sensible, voire un vrai casse-tête pour la plupart des Tunisiens, tous profils confondus. Il s’agit de l’usage des pétards au mois saint de Ramadan et cette ambiance électrique causée par ces explosifs interdits par la loi. Des petits écoliers, garçons et filles, qui défilent devant l’école de 8h00 et jusqu’à tard le soir dans leurs quartiers (sans le moindre souci des parents livrés à leurs loisirs nocturnes du Ramadan !) et qui jettent des pétards par-ci par-là à vue d’œil.
Une rafale parfois qui ressemble à un tir réel de balles, voire à une explosion de bombe. Une sorte de calvaire insoutenable jour et nuit pour tout le monde presque. D’abord, nos personnes âgées atteintes de maladies, les bébés, les femmes enceintes, et même des personnes normales, qui doivent subir ce « vil » et incivique comportement. Une cacophonie non-stop au vu et au su des autorités et des services concernés.
Ce phénomène de pétards durant Ramadan, toutes les régions presque de la Tunisie en souffrent, des villes aux petits villages lointains. Jusqu’à quand doit-on supporter ces énergumènes ? Le plus beau, c’est qu’on vend ces pétards provenant de la contrebande organisée du marché parallèle partout presque : épiciers, marchands de fruits secs, vendeurs ambulants. Tout cela près des écoles et en pleine rue, rendant la vie des piétons et des riverains pénible et stressante (à force de subir ces dizaines de décibels nuisibles).
Sévir d’abord
Certains évoquent l’éducation et la sensibilisation comme moyens d’arrêter ce fléau. C’est vrai, mais en partie seulement et à long terme. Le grand lot du travail est sécuritaire et institutionnel à court terme. Ce que ces jeunes et derrière eux des parents passifs et soumis commettent, ce sont des actes condamnables par la loi. L’usage de ces pétards (on parle de « dynamites » pour une puissance plus élevée) et ces feux d’artifice dans les fêtes est strictement interdit.
C’est un monopole de l’Etat et cela exige une autorisation préalable des autorités compétentes. Maintenant que nous sommes au début du mois saint, on peut agir vite et sévir pour remettre de l’ordre devant les écoles et dans les quartiers. Ce n’est pas normal que les autorités regardent ce qui se passe sans réagir. Ainsi, on ne fait qu’encourager ces dépassements qui rendent la vie de plusieurs Tunisiens très difficile.
Ces pétards sont dangereux de par leur composition, même pour les usagers (ils peuvent faire perdre la vue carrément). Sévir contre ces actes de vandalisme qui se répètent chaque Ramadan est aussi une mesure efficace pour dissuader tout fautif. Qu’on applique la loi et qu’on mette fin enfin à cette impunité généralisée qui encourage beaucoup de jeunes à tout se permettre.
Quand un petit enfant censé être focalisé sur son école passe des heures à la rue en train d’allumer des pétards et de nuire aux gens, on ne peut pas regarder sans brancher. Les parents sont les premiers responsables devant la loi, et cela il faut le mettre noir sur blanc.
Acculer les fournisseurs
Parlons maintenant de ces quantités invraisemblables de pétards dangereux infiltrés dans notre pays avant Ramadan. Ces contrebandiers qui agissent dans le marché noir, et qui sont les fournisseurs des grossistes qui, à leur tour, vendent à tout le monde, forment une chaîne solide hélas. Si on s’attaque aux maillons de la chaîne en amont, l’usage des pétards va diminuer sûrement.
La loi est claire dans ce sens, pas de sentiments là-dessus. Si on pousse encore le raisonnement, on peut même craindre le pire.
Ces bruits abasourdissants toute la journée, ces jeunes qui apprennent, même à titre de loisirs, à lancer des pétards, c’est en quelque sorte un service rendu aux groupes et aux organisations criminelles et même terroristes qui foisonnent dans cette ambiance délétère et ces actes qui nuisent à l’ordre public.
Pire, ces enfants seraient initiés à des actes de vandalisme et de terrorisme qui se basent sur les explosions et sur le désordre. Va-t-on enfin éradiquer ce fléau récurrent chaque Ramadan ? On l’espère vivement.