« Hayet » de Kais Mejri sur El Watania : Destins croisés
Diffusé actuellement sur la chaîne « El Watania », « Hayet », réalisé par Kais Mejri, se caractérise par sa narration dense et ses axes disparates, qui finiront par se croiser au fil des 10 épisodes.
La Presse — « Hayet », nom féminin courant, attribué au drame télévisuel de la première chaîne nationale. « Hayet » signifie « vie ». Ce titre fait écho à plusieurs vécus, qui tardent à se rejoindre sans se perdre dans une narration lente. Le début de chaque épisode s’effectue avec une citation en arabe, signature de sa scénariste « Khaoula Hosni », connue pour ses livres publiés.
Différents personnages à la composition complexe, souvent opaque, mystérieuse, voire mystique, continuent de défiler. Ce drame social est riche de son casting large, marqué par la présence féminine de Fatma Sfar, Rym Ben Messaoud et Saoussen Mâalej : trois femmes issues de milieux sociaux divers, broyées par leurs vécus déroutants. La série télé marque le retour à l’écran de Salah Jeday et voit défiler des acteurs comme Mohamed Amine Hamzaoui, Abdelkarim Bennani, dans le rôle d’un mafieux aux desseins sordides, ou Mohamed Souissi, dans le rôle du flic simplet.
Sans trop révéler l’intrigue toujours en cours, « Hayet » raconte le collectif dans une société truffée par ses différents milieux sociaux et classes sociales. Une société rongée par ses dérives et ses aléas. « Hayet » brosse un collectif lourd qui, peu à peu, absorbe l’individu. Conflits, passé lourd, relations faites et défaites, secrets et manigances alimentent la série, qui, jusqu’à l’heure, contient encore son lot d’interrogations, de non-dits et de zones d’ombre.
Naissance et enquête en cours vont accélérer les évènements et mettront en lumière le sort de chacune et chacun. « Hayet », c’est plusieurs quêtes identitaires qui se dessinent à peine, des personnages qui tiennent à avoir le contrôle sur le cours de leurs vies, un conflit clanique imposant et une enquête qui aboutira (peut-être), en guise d’épilogue.
« Hayet » reflète conflits intergénérationnels et quêtes d’émancipation féminine. Ses axes brassent dans l’héritage, les croyances locales, les milieux sociaux éclectiques et le modernisme.
L’enquête centrale enrichit l’aspect « polar » et « intrigue policière », qui met au premier plan « Raouia Ben Mahmoud », une femme-flic à la tête d’une brigade, campée par Fatma Sfar. « Hayet » se dévoile avec une certaine retenue, à son rythme, en attendant le dénouement.
