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De Bagdad à Téhéran, la même horloge prophétique

  • 28 février 21:36
  • 3 min de lecture
De Bagdad à Téhéran, la même horloge prophétique

Dans une publication diffusée sur son compte officiel du réseau social X, Dr Fawzi Bedoui, professeur d’études juives et de religions comparées, a attiré l’attention sur ce qu’il qualifie de « symbolique religieuse profonde » dans le choix de la date du 28 février 2026 pour mener la frappe américano-israélienne contre l’Iran.

Selon le Dr Bedoui, le 28 février 2026 coïncide avec Shabbat Zakhor, littéralement le « Sabbat du Souvenir », de l’année hébraïque 5786, lequel a débuté au coucher du soleil du vendredi 27 février.

Il précise que ce Sabbat particulier est le dernier avant la fête de Pourim, elle-même précédée du jour de jeûne de Taanit Esther prévu le lundi 2 mars.

Le chercheur rappelle que lors de chaque Shabbat Zakhor, les communautés juives récitent le passage du Deutéronome 25 : 17-19, dans lequel il est ordonné au peuple d’Israël de « se souvenir » du mal commis par Amalek et d’en « effacer le souvenir de dessous les cieux ».

Selon la tradition talmudique, explique-t-il, le ministre Haman, figure ennemie centrale du récit de Pourim, est présenté comme un descendant d’Amalek, et le récit de Pourim se déroule précisément en Perse, territoire correspondant à l’Iran actuel.

Le Dr Bedoui souligne que cette symbolique n’est pas étrangère au discours politique israélien contemporain. Il rappelle que Benyamin Netanyahou a lui-même réactualisé la figure d’Haman durant la guerre de Gaza pour justifier, selon ses propres termes, les opérations militaires contre ce qu’il désigne comme les ennemis d’Israël, qualifiant cette démarche de « légitimation d’un génocide par une rhétorique religieuse ».

Concernant l’opération militaire elle-même, le professeur indique qu’elle avait d’abord été baptisée « Bouclier de Juda » avant que Netanyahou ne la rebaptise « Le Rugissement du Lion », précisant que le lion est l’emblème traditionnel de la tribu de Juda.

Le Dr Bedoui élargit ensuite son analyse au champ religieux américain. Il affirme que dès Pourim 2025, des rabbins américains avaient commencé à évoquer publiquement « l’accomplissement imminent des prophéties », établissant un lien explicite entre les mesures de pression contre l’Iran et le calendrier religieux juif.

Il ajoute que le discours du président Donald Trump, tenu durant Shabbat Zakhor, au moment précis où ce texte sur l’effacement d’Amalek était récité dans les synagogues, a été interprété par ces courants comme « un signe d’une signification exceptionnelle ».

Le chercheur précise toutefois que cette symbolique était opérante dans la conscience collective religieuse « qu’elle ait été intentionnelle de la part des décideurs ou non ».

Dans sa publication, le Dr Bedoui établit également un parallèle avec la chute de Bagdad le 9 avril 2003, affirmant que le ministre israélien des Affaires étrangères de l’époque, Silvan Shalom, avait déclaré en présence du secrétaire d’État américain Colin Powell, lors d’une conférence de l’AIPAC, que cette date correspondait à l’accomplissement de la prophétie de Jérémie sur la ruine de Babylone.

Dr Bedoui conclut sa publication par un appel solennel au monde arabe, en ces termes : « Lisez, retenez, et n’oubliez pas. Souvenez-vous toujours du mot Zakhor : cet ennemi, lui, n’oublie pas. »

Il recommande, à ceux qui souhaitent approfondir la question, la lecture de l’ouvrage du grand historien Yosef Hayim Yerushalmi intitulé Zakhor, consacré à la formation de la conscience historique juive.

Auteur

S. M.

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