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Création de la ligne maritime Tunisie–Sénégal : Un projet structurant à fort impact

  • 1 mars 19:00
  • 5 min de lecture
Création de la ligne maritime Tunisie–Sénégal : Un projet structurant à fort impact

Une nouvelle voie s’ouvre entre Tunis et Dakar. Avec la création d’une ligne maritime commerciale directe, la Tunisie franchit un cap et se positionne comme un acteur clé du commerce intra-africain.

À la clé : des délais réduits de moitié, des coûts logistiques allégés, une meilleure sécurité des approvisionnements et un accès élargi à un marché de plus de 110 millions de consommateurs.

Porté par la Chambre tuniso-sénégalaise de commerce et d’industrie, ce projet présenté comme structurant pour la Zlecaf pourrait redessiner les routes africaines du commerce et accélérer la montée en puissance des entreprises tunisiennes sur le continent.

La Presse — Le secteur du transport maritime, notamment dans sa composante marchandise, revêt une importance majeure dans la dynamique socio- économique, géopolitique et géostratégique des pays africains.

La Tunisie se découvre et se construit, ces dernières années, comme un acteur maritime stratégique.

Le projet de création de la nouvelle ligne maritime commerciale directe entre la Tunisie et le Sénégal devrait contribuer à dynamiser les flux commerciaux et offrir une alternative plus sûre et plus économique au transport maritime entre le Tunisie et l’Afrique.

Le projet est présenté comme un catalyseur du commerce intra-africain, réduisant les délais et les coûts d’acheminement des marchandises, tout en renforçant les relations économiques bilatérales entre les deux pays.

Il s’inscrit dans une vision stratégique de coopération sud-sud et d’intégration économique régionale.

Les opérateurs économiques, les exportateurs et les producteurs attendaient avec impatience la mise en service de cette liaison maritime, présentée comme un levier majeur pour fluidifier les échanges commerciaux.

Cette ligne permettra aux entreprises tunisiennes d’avoir un accès régulier au marché africain.

La Tunisie s’engage ainsi à bâtir des ponts logistiques durables au service de l’intégration africaine dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant, participatif, anticipatif, transparent, et en bonne gouvernance.

Un accélérateur immédiat de compétitivité

Cette liaison permettrait de réduire les délais d’acheminement de 30 % à 50 %, d’abaisser les coûts logistiques de 10 % à 25 % et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement.

« Les bénéfices seraient immédiats pour des secteurs clés tels que l’agroalimentaire, les matériaux de construction, le textile, la mécanique, la cosmétique, la pharmacie et les services industriels», précise Ali Khribi, président de la Chambre tuniso-sénégalaise de commerce et d’industrie (Ctsci).

Et d’ajouter que «cette initiative s’inscrit dans la logique de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et du renforcement des flux Sud–Sud.

Elle favorise la constitution de chaînes de valeur africaine intégrées, réduit la dépendance aux hubs extra-africains et renforce la souveraineté économique des deux pays, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant».

La Ctsci se positionne en effet comme catalyseur du projet. Elle mobilise les exportateurs tunisiens, structure un business case collectif (volumes, produits prioritaires, calendrier) et sécurise la rentabilité de la ligne dès sa phase pilote, en coordination avec les acteurs publics et privés.

«La Chambre s’engage à mobiliser les exportateurs sénégalais, à identifier les produits à fort potentiel pour le marché tunisien et à organiser des actions de promotion ciblées (B2B, missions, catalogues). L’objectif est d’assurer une rentabilité bilatérale dès le démarrage», souligne le président de la Ctsci.

Au-delà du commerce, « la ligne maritime réduit la barrière logistique et le coût d’entrée pour les entrepreneurs tunisiens souhaitant investir au Sénégal et dans l’espace Uemoa–Cedeao, un marché de plus de 110 millions de consommateurs».

Cette liaison ambitionne de créer un corridor maritime durable, rentable et stratégique entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.

Échanges commerciaux

Selon les indicateurs, les échanges commerciaux entre la Tunisie et le Sénégal connaissent une dynamique remarquable ces dernières années.

En 2024, le Sénégal est devenu le deuxième client de la Tunisie en Afrique subsaharienne, après la Côte d’Ivoire. La valeur des exportations tunisiennes vers le Sénégal a atteint 144 millions de dinars tunisiens, soit environ 45 millions de dollars américains.

Ce développement témoigne d’un renforcement progressif des liens économiques entre les deux pays, soutenus par des efforts de coopération bilatérale et une complémentarité sectorielle de plus en plus marquée.

Les exportations tunisiennes vers le Sénégal couvrent plusieurs secteurs clés dont celui du bâtiment et des travaux publics qui occupe une place centrale dans ces échanges.

La Tunisie fournit au marché sénégalais des matériaux de construction et équipements spécialisés, utilisés dans la réalisation d’infrastructures publiques, de logements, d’hôpitaux et d’écoles.

Parallèlement, la Tunisie exporte une gamme variée de produits agroalimentaires. On y retrouve notamment des produits laitiers, du miel ainsi que du poisson transformé.

En 2022, la valeur de cette catégorie d’exportations a atteint près de 400.000 dollars. Les exportations tunisiennes incluent également des produits chimiques industriels.

Le textile représente un autre produit important. La Tunisie, connue pour son industrie textile structurée, exporte vers le Sénégal des vêtements prêt-à-porter, ainsi que des textiles techniques pour l’ameublement ou l’industrie.

Les produits métallurgiques constituent, en outre, une composante essentielle de cette relation commerciale.

Entre octobre 2023 et octobre 2024, la valeur des exportations tunisiennes de produits métallurgiques vers le Sénégal a dépassé 5,6 millions de dollars, confirmant la forte demande dans le domaine des infrastructures.

Par ailleurs, la Tunisie exporte aussi divers produits complémentaires : meubles, produits pharmaceutiques, les plastiques, les céramiques sanitaires, les articles cosmétiques…

Auteur

Najoua Hizaoui

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