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« L’Expo du Ramadan  » à la Librairie Fahrenheit 451 à Carthage : Regards multiples

  • 1 mars 18:00
  • 5 min de lecture
« L’Expo du Ramadan  » à la Librairie Fahrenheit 451 à Carthage : Regards multiples

On reconnaît dans cette exposition les personnages aux têtes surdimensionnées de Wissem El Abed, qu’il traite avec différents médiums et autres techniques.

L’artiste est connu pour son univers graphique singulier, peuplé de figures déformées, de matériaux détournés et de récits fragmentés.

Sa démarche interroge les notions d’altérité, de déplacement, d’effacement et de mémoire, à travers un langage visuel à la fois critique, poétique et accessible.

La Presse — La Librairie Fahrenheit 451 accueille, à l’occasion du mois de Ramadan, une exposition collective réunissant des œuvres signées par les artistes tunisiens Emna Ghezaiel, Chaima Ben Saïd, Najah Zarbout, Hamda Dniden, Slim Gomri, Mohamed Ben Soltane et la Danoise Maria Dubin.

Gravure, dessin, peinture, encre et papier s’y convoquent dans une pluralité de gestes et de matières, comme autant de voix réunies dans un même espace.On découvre cinq peintures de Hamda Dniden, issues de sa précédente exposition nommée  « Hamda Dniden, peintre de Sidi Bou Saïd » où l’on retrouve sa riche palette, son travail de la matière, son art d’accrocher la lumière et surout son thème de prédilection qui est son Sidi Bou Saïd natal. Dans son travail, le village est recomposé, compact, aux perspectives multiples, aux paysages agglomérés, aux foules imbriquées et aux intérieurs déconstruits.

Par touches franches et couches soudées, l’artiste transfigure des intérieurs/extérieurs à la nature morte, détourne le réel pour en alterer les contours. Dans cet enchevêtrement d’apparence statique, c’est la lumière et la vibration des couleurs qui finissent par prendre le dessus. On tombe sur une xylogravure d’Emna Ghezaiel, issue de sa série O.V.N.I (Objets visuels non identifiés).

Le trait distinctif de la gravure sur bois, relevant de la taille d’épargne qu’elle privilégie à la taille-douce, donne relief et mouvement à un paysage estival. Des parasols aux motifs noir et blanc s’y entrelacent, se fondant dans les lignes qui dessinent une mer calme, presque immobile. Déjà exposée en ces lieux, la série se distinguait par des fragments cadrés, extraits d’un univers inventé et directement gravé sur la planche, comme surgissant du bois lui-même.

Slim Gomri présente, quant à lui, des gravures sur bois et sur linoléum. Profils, paysages, poissons et natures mortes composent un ensemble de petits formats colorés où l’artiste multidisciplinaire explore avec curiosité et plaisir les possibilités du médium. Une magnifique impression à l’encre, représentant une nature morte à la grenade en grand format, se détache du lot.

On retrouve aussi une xylogravure de Chaima Ben Saïd et un dessin en technique mixte de Mohamed Ben Soltane dont on reconnaît le style. Najah Zarbout est présente avec une œuvre issue de sa série Paths (Chemins), réalisée en collaboration avec Mohamed Amine Hammouda dans le cadre du projet Oasis Paths, qui rassemble des créations inspirées des éléments naturels de l’oasis de Gabès et de son contexte environnemental.

Depuis plusieurs années, Zarbout développe un travail fondé sur la coupe et l’intervention directe sur la matière. Du gaufrage au pliage, de la lacération aux jeux de lumière et de lignes, elle instaure un dialogue subtil avec le papier. Ses découpes transparentes évoquent des racines végétales ou des toiles d’araignée, révélées par leurs ombres lorsque la lumière les effleure.

Son œuvre, délicate et fragile, se tient sur cette ligne ténue entre présence et disparition, une tension qui fait écho à la vulnérabilité de l’oasis elle-même. On reconnaît dans cette exposition les personnages aux têtes surdimensionnées de Wissem El Abed, qu’il traite avec différents médiums et autres techniques.

L’artiste est connu pour son univers graphique singulier, peuplé de figures déformées, de matériaux détournés et de récits fragmentés. Sa démarche interroge les notions d’altérité, de déplacement, d’effacement et de mémoire, à travers un langage visuel à la fois critique, poétique et accessible. Parmi les autres œuvres exposées, on rencontre sept peintures et autres techniques mixtes (très colorées et en noir et blanc), signées par l’artiste danoise Maria Dubin.

Cette dernière a longtemps travaillé en Tunisie où elle continue à exposer régulièrement, notamment à la galerie Fahrenheit. Élève de grands professeurs, tels qu’Erling Fredriksen et Christian Magle à la Glyptothèque de Copenhague, l’artiste a étudié à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, auprès des professeurs Sennelar et Sivestri, de 1983 à 1987.

Un séjour de cinq années en Tunisie, où elle s’est consacrée à la céramique, à la mosaïque et à la tapisserie, a enrichi son langage plastique d’une approche artisanale et matérielle. Maria Dubin est également fondatrice du mouvement artistique Artunite, qui rassemble des créateurs de différentes disciplines autour de projets destinés à des personnes confrontées à des situations de vie difficiles.

Auteur

Meysem MARROUKI

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