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Culture

Cinema : Park Chan-wook à la tête du jury du 79e Festival de Cannes

  • 2 mars 18:30
  • 3 min de lecture
Cinema : Park Chan-wook à la tête du jury du 79e Festival de Cannes

C’est le réalisateur, scénariste et producteur sud-coréen Park Chan-wook qui a été choisi pour présider le Jury de la 79e édition du Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2026. Une première pour le cinéma coréen.

La Presse — Iris Knobloch, présidente du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, délégué général, ont indiqué dans un communiqué que ce choix est motivé par « la volonté de célébrer son immense talent et, plus largement, ce cinéma total d’un pays profondément ancré dans les questionnements de notre époque ».

En une douzaine de longs métrages, Park Chan-wook s’est imposé comme une signature incontournable du cinéma contemporain. Son style, immédiatement reconnaissable, mêle virtuosité formelle, tension dramatique et exploration des obsessions humaines. Derrière une esthétique sophistiquée, ses films interrogent sans détour les rapports de pouvoir, la morale et les fractures sociales, plongeant le spectateur dans des récits aussi sombres qu’envoûtants.

L’histoire entre le réalisateur et Cannes débute en 2004, lorsque « Old Boy » reçoit le Grand Prix. Depuis, ses sélections en Compétition ont régulièrement été saluées au palmarès : « Thirst, ceci est mon sang » (Prix du Jury 2009), « Mademoiselle » (2016), « Decision to Leave » (Prix de la mise en scène 2022). Autant de films portés par des héroïnes complexes et par une mise en scène d’une rare virtuosité. Cette fidélité réciproque entre le cinéaste et la Croisette n’a cessé de se confirmer au fil des années.

La critique le compare souvent à Quentin Tarantino, Brian De Palma ou David Fincher pour son sens aigu du cadre et de la dramaturgie, où la stylisation extrême sert un propos moral exigeant. Lui, revendique l’héritage de maîtres comme Akira Kurosawa, Ingmar Bergman, Luchino Visconti et Alfred Hitchcock.

L’obsession irrigue l’ensemble de sa filmographie, jusqu’à son dernier opus, « Aucun autre choix » (2025), satire à l’humour noir qui dissèque la quête de réussite dévorante d’une société capitaliste coréenne impitoyable, tout en prolongeant la critique acerbe de la vanité masculine déjà à l’œuvre dans « Mademoiselle ». La vengeance constitue un autre axe central de son œuvre, notamment à travers une trilogie entamée en 2002 avec « Sympathy for Mister Vengeance », poursuivie avec « Old Boy », puis conclue en 2005 par « Lady Vengeance », trois variations puissantes sur la culpabilité, la justice et la rédemption.    

À quelques mois de l’ouverture du Festival, le futur président du Jury, qui décernera la Palme d’Or et les autres prix de la Compétition des longs métrages, confie : « La raison pour laquelle nous sommes assis dans le noir dans la salle de cinéma, c’est pour mieux voir la lumière de l’œuvre que nous regardons. La raison pour laquelle on se cloître dans la salle, c’est pour que l’âme soit libérée à travers la fenêtre qu’est le film.

Je suis impatient de vivre cette double captivité volontaire avec les membres du Jury : être enfermé pour regarder un film, être enfermé pour discuter du film. En cette époque de haine et de division, je crois que le simple fait de se rassembler dans une salle de cinéma pour regarder un film en même temps, en synchronisant nos respirations et nos battements de cœur, permet de créer de la solidarité, émouvante et universelle ».

Auteur

Samira DAMI

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