Menace sur le détroit d’Ormuz : Riadh Sidaoui prévoit un baril de pétrole « entre 200 et 300 dollars »
Lors d’un débat stratégique diffusé sur la chaîne AL24 News, l’expert en géopolitique Riadh Sidaoui, entouré d’un panel de spécialistes, a livré une lecture incisive de l’embrasement entre l’Iran et l’axe Americano-sioniste.
Selon son analyse, cette escalade militaire constitue la face visible d’une manœuvre de haute intensité visant à neutraliser les leviers énergétiques de la Chine, au risque de provoquer un choc pétrolier planétaire tout en scellant, paradoxalement, l’union sacrée autour du régime de Téhéran.
L’offensive déclenchée contre l’Iran ne relève en rien de l’imprévu selon Riadh Sidaoui, mais résulte d’une planification dont les signaux opérationnels étaient manifestes dès l’arrivée du porte-avions Gerald Ford à Haïfa. L’analyste soutient que cette étape marquait l’aboutissement des préparatifs militaires validés lors du sommet entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche. Riadh Sidaoui précise qu’en anticipant cette agression grâce aux enseignements de la guerre de juin 2025, la République islamique a immédiatement activé ses capacités de riposte. Il souligne que les frappes iraniennes ont visé avec précision les infrastructures aéronavales et les centres de détection radar américains basés au Koweït, au Qatar, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn. Dans ce théâtre d’opérations, l’expert note que le Sultanat d’Oman bénéficie d’une immunité tacite en raison de son rôle historique de médiateur. Il rapporte par ailleurs que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araji, s’est employé à rassurer ses homologues régionaux en précisant que seules les capacités militaires étrangères étaient ciblées.
Le volet économique de cette crise révèle, d’après Riadh Sidaoui, une gestion calculée du calendrier. Il explique que le choix d’une offensive en fin de semaine visait à amortir l’effondrement immédiat des bourses mondiales, bien que des indicateurs comme la chute du titre United Airlines aient alerté les marchés. L’expert prévient que l’enjeu majeur se cristallise désormais autour du détroit d’Ormuz. Une interruption durable du transit pétrolier, qui concentre plus de 20 % de l’offre mondiale, pourrait selon lui propulser le prix du baril vers des sommets compris entre 200 et 300 dollars. Sur le plan intérieur iranien, Riadh Sidaoui observe que l’agression étrangère produit un effet inverse aux espoirs des stratèges occidentaux. Il affirme que le sentiment nationaliste supplante désormais les revendications sociales, rendant caduque l’hypothèse d’une restauration monarchique qu’il qualifie de chimère déconnectée de la réalité politique issue de 1979.
Au-delà de l’affrontement régional, la thèse centrale de Riadh Sidaoui place la Chine au centre de l’échiquier mondial. Il avance qu’en frappant l’Iran, les États-Unis visent le principal fournisseur énergétique de Pékin, dont la dépendance aux exportations iraniennes s’élève à 90 %. Cette manœuvre s’inscrirait, selon son analyse, dans une course contre la montre pour freiner l’ascension du géant asiatique dont le PIB devrait supplanter celui des États-Unis à l’horizon 2032. L’analyste insiste sur le fait que l’affaiblissement des partenaires des BRICS est devenu une priorité existentielle pour Washington. Dans ce nouvel ordre mondial dominé par le triumvirat sino-russo-américain, Riadh Sidaoui juge l’influence de la France singulièrement érodée. Il conclut en affirmant qu’affaibli par une dette massive envers Pékin et dépourvu de levier diplomatique autonome, Paris reste spectateur d’une recomposition globale où seules la puissance nucléaire et la maîtrise énergétique dictent la conduite des nations.