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Pain subventionné vs pains variés : La baguette attendra…

  • 2 mars 19:00
  • 3 min de lecture
Pain subventionné vs pains variés : La baguette attendra…

Les fils d’attente dans les boulangeries pour acquérir sa baguette sont devenues monnaie courante aux heures de pointe.

Hormis les heures creuses du matin ou peu avant midi, il faut considérer que juste après, la baguette n’est pratiquement plus proposée…

La Presse — En Tunisie, le pain n’est pas un simple accompagnement. Il est au cœur du repas, au centre de la table, presque un symbole. Durant le Ramadan, cette place devient encore plus visible.

À l’approche de l’iftar, les boulangeries se transforment en lieux de rendez-vous quotidiens. Les files s’allongent, les regards scrutent le four, et chacun espère repartir avec sa baguette encore chaude.

Mais ces derniers jours, obtenir la fameuse baguette subventionnée n’est pas toujours chose aisée. La baguette non subventionnée vendue à 250 millimes auprès des pâtisseries qui fabriquent du pain reste la préférée des familles tunisiennes.

Pourtant, il faut parfois patienter de longues minutes, revenir un peu plus tard, ou accepter qu’il n’y en ait plus pour cette fournée.

Dans la file, les discussions vont bon train : certains soupirent, d’autres prennent leur mal en patience. « On attend, on n’a pas le choix », glisse un père de famille, sourire aux lèvres.

D’autres, exaspérés par cette situation, quittent illico presto la pâtisserie, avec résignation. 

Une faible marge commerciale

Du côté des boulangers, la réalité est plus complexe qu’elle n’y paraît. La baguette subventionnée est très demandée, mais elle génère peu de marge.

Avec la hausse des charges et des coûts de production, beaucoup tentent de trouver un équilibre pour faire tourner leur commerce. Résultat : les pains dits “variés” occupent désormais le devant de la scène.

Une offre abondante de pains variés

Pain de semoule doré, pain complet, pain aux céréales, pain aux olives, pain enrichi en graines comme le pain au chia, rien ne manque ou presque.

Les étals sont généreusement garnis et soigneusement présentés. Affichés entre 400 millimes et un dinar, ces pains attirent l’œil et séduisent une partie de la clientèle.

Certains consommateurs y voient même une opportunité de changer leurs habitudes et d’opter pour des produits jugés plus nutritifs ou cultivant d’autres goûts. Pour d’autres, en revanche, la situation laisse un goût amer.

Ils ont le sentiment que la baguette se fait plus rare au profit de produits plus chers. « On finit par acheter ce qu’on trouve », confie une mère de famille, calculant rapidement l’impact sur son budget mensuel.

Au fond, cette question dépasse le simple choix entre baguette et pain aux céréales. Elle touche au pouvoir d’achat, aux équilibres économiques des petites boulangeries et aux habitudes profondément ancrées dans la culture tunisienne.

Pendant Ramadan, plus que jamais, le pain raconte une histoire : celle d’un quotidien fait d’attente, d’adaptation et de compromis, mais aussi de solidarité et de compréhension mutuelle entre clients et artisans boulangers.

Car malgré les tensions, une chose ne change pas : au moment de rompre le jeûne, le pain reste là, partagé autour de la table, fidèle compagnon des soirées ramadanesques.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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