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Monde

Pétrole et gaz : la production à l’arrêt dans plusieurs pays du Moyen- Orient

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  • 2 mars 20:54
  • 4 min de lecture
Pétrole et gaz : la production à l’arrêt dans plusieurs pays du Moyen- Orient

Le Qatar a suspendu, ce lundi, sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le cadre de fermetures préventives d’installations pétrolières et gazières à travers le Moyen-Orient, en raison des frappes contre l’Iran et de la riposte de Téhéran.

La production qatarie de GNL représente environ 20 % de l’offre mondiale. Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de GNL après les États-Unis et joue un rôle central dans l’approvisionnement des marchés en Asie et en Europe.

Les attaques se poursuivent dans la région pour le troisième jour consécutif, entraînant la suspension des opérations dans la plus grande raffinerie d’Arabie saoudite après une frappe de drones, ainsi que l’arrêt de la majeure partie de la production pétrolière du Kurdistan irakien et de plusieurs grands champs gaziers , affectant notamment les exportations vers l’Égypte.

La compagnie publique QatarEnergy a indiqué qu’elle s’apprêtait à déclarer un cas de force majeure sur ses cargaisons de GNL après des attaques de drones iraniens visant des installations du vaste complexe industriel de Ras Laffan.

Ce site regroupe les unités de liquéfaction du gaz, où le gaz naturel est refroidi à des températures extrêmement basses pour être exporté par voie maritime.

Les clients asiatiques représentent environ 82 % de la clientèle de QatarEnergy. Des drones ont également visé la zone industrielle de Mesaieed, dans le sud du pays, qui abrite des installations pétrochimiques et industrielles, bien qu’elle soit éloignée des champs gaziers. Sur les marchés, les prix du gaz naturel ont fortement augmenté, le prix de référence européen bondissant de 46 % vers 14h26 GMT.

Les cours du pétrole ont, eux, progressé jusqu’à 13 % en séance, dépassant les 82 dollars le baril, leur plus haut niveau depuis janvier 2025, dans un contexte de quasi-paralysie du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.

La raffinerie de Ras Tanura, exploitée par Saudi Aramco et dotée d’une capacité de 550 000 barils par jour, a également été fermée par précaution. Elle fait partie d’un complexe énergétique majeur sur la côte du Golfe, essentiel pour les exportations de brut saoudien. L’entreprise n’a pas encore répondu aux sollicitations pour commenter la situation.

Plusieurs sociétés, dont DNO, Gulf Keystone Petroleum, Dana Gas et HKN Energy, ont suspendu leur production dans leurs champs au Kurdistan irakien, à titre préventif et sans signaler de dommages.

En février, la région exportait environ 200 000 barils par jour via un oléoduc reliant le port turc de Ceyhan. Par ailleurs, les autorités sionistes ont ordonné à Chevron de fermer temporairement le champ gazier géant de Leviathan.

Ce champ doit voir sa capacité portée à environ 21 milliards de mètres cubes par an dans le cadre d’un accord d’exportation vers l’Égypte estimé à 35 milliards de dollars.

Chevron a assuré que ses installations dans la région restaient sécurisées, tandis que la société Energean a suspendu les activités d’un navire de production desservant des champs gaziers plus modestes.

En Iran, des explosions ont été entendues samedi sur l’île de Kharg, par laquelle transite environ 90 % des exportations de pétrole brut du pays, sans que l’ampleur des dégâts ne soit encore connue.

L’Iran, troisième producteur de l’OPEP, assure environ 4,5 % de l’offre mondiale de pétrole, avec une production estimée à 3,3 millions de barils par jour, auxquels s’ajoutent 1,3 million de barils de condensats et autres liquides.

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Auteur

La Presse

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