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Risques économiques dus au conflit États-Unis – Iran : Le spectre d’un choc pétrolier majeur

  • 2 mars 19:30
  • 4 min de lecture
Risques économiques dus au conflit États-Unis – Iran : Le spectre d’un choc pétrolier majeur

Après l’escalade militaire américaine engagée contre l’Iran depuis samedi dernier, les marchés pétroliers se préparent à un choc.

Ces frappes risquent de perturber l’approvisionnement mondial en pétrole brut, ce qui pourrait entraîner une forte hausse des prix.

Ce conflit a fait grimper les prix du pétrole de 9 % dans les échanges après la fermeture des marchés financiers. Une hausse qui devrait se confirmer, voire s’amplifier prochainement.

La Presse — Les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ont déjà provoqué une hausse des prix du pétrole au cours du mois de février. Le prix d’un baril s’établissait à 73 dollars avant l’attaque. Il devrait désormais remonter jusqu’à 80 dollars.

L’Iran est, en effet, l’un des dix principaux pays producteurs de pétrole dans le monde, avec une production de 3,1 millions de barils par jour, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Il représente 4,5% de l’offre mondiale de pétrole.

Le spectre d’une fermeture du détroit d’Ormuz, sous contrôle iranien, fait craindre une augmentation accrue des prix du pétrole. Si le conflit devait s’installer dans la durée, cette hausse graduelle pourrait même impacter la croissance mondiale, selon l’organisme IFP Énergies nouvelles.

Le pétrole concentre, en effet, l’attention des investisseurs. Dans un contexte économique mondial fragilisé par une croissance hésitante, des tensions inflationnistes persistantes et des dettes publiques élevées, la perspective d’un conflit durable au Moyen-Orient ravive le spectre d’un choc pétrolier majeur.

Au cœur des inquiétudes se trouve le détroit d’Ormuz, passage stratégique large d’une cinquantaine de kilomètres reliant le golfe Persique à l’océan Indien. Près de 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour, soit environ un cinquième de la consommation mondiale, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie. Le détroit est également crucial pour le gaz naturel liquéfié : environ 20 % des flux mondiaux y ont transité l’an dernier.

La simple menace d’un blocage partiel suffit à faire grimper les primes d’assurance des navires et à perturber le trafic maritime. Certains analystes estiment qu’en cas d’interruption significative, le Brent pourrait s’envoler vers 120 voire 150 dollars le baril, des niveaux plus observés depuis des années.

Un marché sous haute tension

Une flambée durable des cours aurait des répercussions immédiates. En Afrique, nombre de pays importateurs nets subiraient l’augmentation des prix des carburants, avec un impact direct sur les transports, l’agriculture et le coût des denrées alimentaires.

Les récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont provoqué une inquiétude croissante quant à la stabilité de l’approvisionnement en pétrole de cette région importante.

Cela a entraîné une hausse des prix sur les marchés mondiaux, les investisseurs et les gouvernements anticipant d’éventuelles perturbations de l’offre.

Dans ce contexte, certains pays membres de l’Opep+, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont déjà pris les devants en augmentant leurs exportations.

Les Émirats arabes unis, par exemple, se préparent à augmenter les expéditions de leur brut phare, le Murban, dès le mois d’avril, afin de garantir la stabilité de l’approvisionnement sur le marché international.

Ces ajustements visent à pallier toute éventuelle perturbation et à répondre à la demande croissante sur le marché mondial.  De son côté, l’Algérie compte revoir sa production de pétrole dans les mois à venir, à la suite des discussions internes au sein de l’Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés). Cette évolution pourrait concerner la répartition des quotas de production, dans un contexte où les prix du pétrole connaissent des hausses liées à la situation géopolitique au Moyen-Orient.

Huit pays membres de l’Opep+ se sont réunis récemment pour discuter des ajustements de production prévus pour le mois d’avril. Cette réunion a pour objectif d’examiner les adaptations nécessaires des quotas de production à la lumière de la conjoncture actuelle.

La prochaine réunion doit préciser les ajustements applicables à partir du mois d’avril. Si une augmentation est validée, l’Algérie mettra en œuvre la part qui lui sera attribuée conformément aux quotas fixés par l’Opep+.

Le conflit Etats-Unis-Iran ne menace pas seulement le marché pétrolier à court terme : il pourrait redessiner les équilibres énergétiques mondiaux, amplifier l’inflation et peser sur la croissance économique globale, en particulier dans les pays dépendant des importations d’énergie

Auteur

Najoua Hizaoui

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