«Ghaybouba» de Mohamed Khalil Bahri sur Telvza TV : Dérives et fractures sociales
«Ghaybouba» est un feuilleton signé Mohamed Khalil Bahri, réalisateur qui signe sa première fiction à la télé.
La série se hisse dans le classement des séries ramadanesques regardées en Tunisie pendant le mois saint.
Ayant tous les ingrédients d’un drame télévisuel à sensation, «Coma» brosse quelques facettes de la société tunisienne, au gré des événements accumulés.
La Presse —Le drame s’ouvre sur le décès tragique d’un homme d’affaires, campé par Moez Gdiri, père de deux enfants et époux d’une femme aux multiples facettes, fidèle et aimante en apparence.
Le destin de la famille et de son entourage bascule quand une succession de révélations entache le défunt, bouscule sa famille et perturbe ses amis proches et ses affaires.
Cet accident aux nombreuses résonances est le point déclencheur de ce drame social. Sa mort s’avérera accablante pour son large entourage.
La série se veut ancrée dans de nombreuses réalités tunisiennes, en mettant banalement en scène une famille issue d’un milieu ultra bourgeois… du déjà-vu dans de nombreux shows ramadanesques auparavant.
Un noyau familial fissuré par un fils qui succombe petit à petit à ses excès, une jeune étudiante aux prises aux émois de son jeune âge, et une mère, qui vit secrètement de nombreuses vies, soucieuse de son bien-être familial.
Une famille qui entretient sa réputation dans un milieu impitoyable, générateur de «non–dits» et de «qu’en-dira–t-on».
D’autres axes nous brossent les portraits de différentes jeunes filles, aux intentions malsaines et aux inépuisables magouilles.
Relations humaines distanciées, éclatées, ravages des réseaux sociaux, relations entretenues secrètement, héritage en péril, lutte des classes, délinquance… Toute une spirale de faits, pour le plus souvent sordides, finit par prendre forme.
Le rythme reste soutenu, au-delà du traitement qui peut paraître superficiel, par moment.
Maram ben Aziza incarne le personnage détestable d’Alia, influenceuse digitale, qui agit sans scrupule et qui n’a pour salut que son paraître parfait.
Elle maquille ses tares et ses travers quitte à nuire aux autres.
Ibaa Hamli, actrice qui joue la copine à l’écran, essaie de se faire une place dans une jungle sociale qui l’étouffe, ou la jeune Sara Cherif, actrice montante qu’on a vue dans d’autres productions de Sawsen Jomni, toujours dans le rôle des jeunes filles qui mettent un pied dans la vie des adultes… de la pire des manières. «Ghaybouba» se laisse consommer au quotidien, tel un divertissement sériel ordinaire, qui s’ajoute au catalogue garni des feuilletons à sensation.
Le casting laisse défiler des acteurs tels que Chekra Rammeh, Mohamed Ali ben Jemâa, Moez Toumi, Nour Zitouni, Sarra Cherif, Ibaa Hamli, Zied Touati, Maram ben Aziza, Jamel Madani, et d’autres qui ne font qu’apparaître comme Mouna Noureddine, Najla ben Abdallah ou Mariem ben Mami.

