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Editorial

Le Moyen-Orient au bord du chaos

  • 4 mars 17:00
  • 3 min de lecture
Le Moyen-Orient au bord du chaos

IL l’a dit, l’a affirmé à plusieurs reprises : les Etats-Unis, sous sa présidence, n’enverront pas de soldats américains combattre dans des guerres étrangères. Il a fait de ce principe de gouvernance un fondement de sa politique.

Et, à propos de l’Iran, il a dit haut et fort : « Je n’enverrai jamais de soldats en Iran ». Il a répété qu’il ne voulait pas d’une guerre ouverte ou d’une invasion de l’Iran, privilégiant les sanctions et la dissuasion militaire ciblée.

Mais, on le sait, les promesses n’engagent que ceux qui les font. Depuis samedi 28 février, le président autoproclamé pacificateur s’est mué en va-t-en-guerre, le Trump nouveau met ses habits de conquérant, lui qui déclarait en 2024, lors de sa campagne : «Je ne veux plus voir de guerres.» 

Le voilà qu’il se trahit lui-même en s’embourbant dans un conflit qu’il a provoqué main dans la main avec son vassal, Netanyahu, le diabolique agent du chaos ; croyant plier l’affaire en moins de deux semaines.

Dès maintenant, il peut dire adieu au Nobel de la Paix qu’il convoitait tant.

 A la lumière de son développement, ce conflit ne va pas éterniser, mais il va durer avec des conséquences désastreuses pour la région et pour l’économie mondiale.

En décapitant l’Etat et ses icônes, en assassinant l’ayatollah Ali Khamenei et d’autres membres du gouvernement, Trump et son allié se méprennent lourdement en pensant changer vite et sans encombre le régime en place.

Dans une interview (le 2 mars), le président américain déclarait que les États-Unis avaient les «capacités» pour un conflit durant «bien plus longtemps» que 4 ou 5 semaines ; il a également refusé d’exclure l’envoi de troupes au sol. 

Prétendre envahir un territoire d’une superficie de 1 648 195 kilomètres carrés (3 fois la France), peuplé de 90 millions d’habitants, relève d’une cécité politique. C’est une aventure périlleuse et hasardeuse ; s’il franchit le Rubicon, à l’évidence, Trump va signer son arrêt de mort politique.

Au quatrième jour du conflit, la région donne de sérieux signes d’un chaos inquiétant, le contexte géopolitique est préoccupant, les Etats-Unis et l’Etat voyou ont frappé plus de 2.000 cibles en Iran qui, à son tour, a riposté tous azimuts, en bombardant les pays du Golfe.

Les explosions, les tirs de roquettes et les frappes aériennes se multiplient, des pétroliers sont coulés, des milliers de vols annulés, les aéroports fermés et des dégâts coûteux dans les pays du Golfe. Le flou total règne dans la région. 

Tous les Etats ont dorénavant les yeux rivés sur le détroit d’Ormuz par où transite plus du 1/5e du pétrole mondial. Le prix du gaz est en hausse de plus de 12% (à cause des méthaniers bloqués.)

Si Trump et son complice continuent leur croisade en Iran, l’économie mondiale sera fortement impactée. Dans le rétroviseur, le monde aperçoit, hélas,  les fantômes de l’invasion de l’Irak lancée par les Etats-Unis en 2003 pour un motif des plus fallacieux.

Auteur

Hamma Hannachi

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