Le 6 mars marque une date importante dans le calendrier agricole traditionnel en Tunisie et dans les pays du Maghreb. Cette journée correspond à la « Jamrat Al-Turab » (la braise de la terre), considérée comme le troisième et dernier indicateur annonçant la transition progressive vers la douceur printanière, selon l’ingénieur météo Mehrez Ghannouchi.
Dans le patrimoine populaire, la « braise de la terre » désigne la période durant laquelle la chaleur commence à pénétrer progressivement le sol après plusieurs mois de froid. Cette étape vient compléter le cycle du réchauffement entamé avec la « braise de l’air », puis la « braise de l’eau » à la fin du mois de février, marquant ainsi le réveil progressif de la nature et la sortie de la terre de sa dormance hivernale.
Le calendrier agricole traditionnel distingue trois phases marquant la fin de l’hiver. La « braise de l’air », observée le 20 février, correspond au début de l’atténuation du froid dans l’atmosphère. La « braise de l’eau », le 27 février, indique le début du réchauffement des cours d’eau. Enfin, la « braise de la terre », le 6 mars, symbolise l’élévation progressive de la température du sol.
Cette période s’accompagne également de plusieurs changements naturels. On observe notamment une hausse graduelle de la température du sol, l’apparition des herbes sauvages et des premières pousses de végétation, ainsi que la sortie de certains insectes et reptiles de leurs abris. Ces transformations annoncent le retour de l’activité biologique et préparent la terre aux travaux agricoles du printemps, notamment les plantations et les cultures saisonnières.
D’un point de vue scientifique, Mehrez Ghannouchi explique que ce phénomène coïncide avec l’approche de l’équinoxe de printemps et l’augmentation progressive de la durée d’ensoleillement. Ces conditions permettent au sol d’absorber davantage de chaleur et favorisent la reprise du cycle biologique de nombreux organismes vivants.