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Distanciel, présentiel et e-learning : Nos universités vont-elles franchir le pas ?

  • 6 mars 18:30
  • 5 min de lecture
Distanciel, présentiel et e-learning : Nos universités vont-elles franchir  le pas ?

Des milliers d’étudiants se déplacent quotidiennement de chez eux vers les institutions d’enseignement. Le temps qu’ils passent à la recherche d’un moyen de transport représente, parfois, le double de celui qu’ils consacrent aux cours.

La Presse —Dans les villes de l’intérieur comme dans le Grand Tunis ce sont toujours ces tracas qui leur plombent le moral. 

Des étudiants à bout

Selon leurs emplois, nos étudiants sont tenus d’assister tous les jours aux différentes séances inscrites au programme.

Comme chacun sait, il existe des TD et des TP et l’obligation de présence. Le nombre d’absence dans certaines matières est limité. Si cette limite est dépassée, l’étudiant risque de compromettre son cursus annuel.

Or, ces absences sont souvent inévitables.

En effet, il arrive qu’il y ait des défaillances imprévues liées, généralement, aux conditions de déplacement. Du coup, l’étudiant rate, facilement, un TD et se voit listé parmi les absents. Aucune excuse n’est acceptée.

Donc pas de possibilité de justification.

À son corps défendant, l’étudiant est contraint de subir les aléas du système et les dysfonctionnements dus au transport.

De plus, il faut prendre en ligne de compte l’impact physique et psychique occasionné par les difficultés que tous les étudiants rencontrent sur le chemin des universités.

La fatigue qu’ils éprouvent est d’autant plus forte qu’elle s’ajoute à de multiples contraintes et contrariétés du quotidien.

Il n’est que de savoir que pour aller à une faculté ou à un institut éloigné du domicile, il faut mettre deux heures et plus pour parcourir une distance d’une vingtaine de km. Tout simplement parce qu’il y a plusieurs modes de transport à emprunter ou des correspondances à faire. 

Rares sont ceux qui ont leur propre moyen de transport ou qui ont recours au covoiturage. Le transport universitaire n’est pas disponible pour toutes les destinations.

Cela nécessite énormément de patience et de l’endurance. Et puisque c’est une corvée de tous les jours, on mesure bien le degré de découragement et de déconcertation. 

Développer des plateformes 

Ceci sans oublier qu’ils sont usés physiquement et se trouvent sous la pression des échéances des examens. Ce qui est, justement, le cas actuellement.

Déjà, certaines institutions d’enseignement supérieur ont programmé les devoirs surveillés du second semestre durant la dizaine de jours qui précèdent les vacances scolaires de printemps.

Nos étudiants ne sont pas tous bien lotis. Bon nombre d’entre eux éprouvent de grandes peines à poursuivre leurs cursus universitaires. Certains pensent à décrocher ou le font carrément.

Aussi se demanderait-on pourquoi 

le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ne favoriserait pas les cours à distance. Du moins pour ceux qui le souhaitent. Il y a des initiatives dans ce sens de la part de certains enseignants en accord avec leurs étudiants.

Les options sont nombreuses. D’ailleurs, cela est de nature à faciliter les apprentissages et à éviter des peines inutiles à beaucoup de nos étudiants.

Certes, les cours présentiels seront privilégiés. Mais les cours distanciels ne devraient pas être relégués au second plan ou écartés.

Leur apport ne peut être que positif aussi bien pour l’étudiant que pour les enseignants ou l’institution universitaire. Mais aussi sur plusieurs autres niveaux (financier entre autres).

L’utilité du développement de plateformes allant dans cette voie n’est pas à démontrer dans la mesure où les étudiants pourront y consulter le contenu des cours.

De plus, la production de vidéos ou de séquences audio de cours à l’usage de tous les étudiants, de toutes les spécialités et de tous les niveaux ne doit plus attendre. 

L’exemple de l’Uvt (Université virtuelle de Tunis) est plus qu’édifiant. 

En tout cas, l’idée ne consiste pas à copier cette université mais à s’en inspirer.

L’expérience menée par certains enseignants avec leurs étudiants est à étendre au plus grand nombre d’établissements universitaires.

Les supports exploités sont d’accès libre à l’instar du classique “classroom” ou Teams ou Moodle.

Faut-il le rappeler: le secteur privé semble avoir une bonne longueur d’avance dans ce domaine.

Car il est étonnant de voir que, dans des institutions d’enseignement supérieur, on trouve des enseignants volontaires alors que dans d’autres (dont la spécialité est l’informatique et les réseaux) on n’a pas encore franchi le cap du e-learning.

Celui-ci reste, malheureusement, le parent pauvre de notre système éducatif actuel. Et dire qu’on trouve encore des enseignants qui se plaignent de manquer de kits, de vidéo-projecteurs ou de câbles de connexion pour assurer leurs cours ! 

Les efforts visant à doter les institutions d’enseignement (tous niveaux confondus) des équipements nécessaires n’ont pas encore atteint la vitesse de croisière.

Auteur

Amor CHRAIET

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