Les nuits Ramad’art au CinéMadart : Nostalgie, engagement et découvertes
Le 13 mars, le public pourra découvrir « Darimba », un projet musical mêlant jazz moderne, pop et musique électronique, présenté par le Wassim Ben Rhouma Group.
Le programme se clôturera le 14 mars avec le concert « L’Art du Nai » de Nabil Abdelmoula.
La Presse — Le CinéMadart à Carthage propose, du 2 au 14 mars, une programmation spéciale Ramadan, mêlant rencontres autour du théâtre, de la musique et du cinéma.
La série d’événements a été inaugurée par la conférence théâtrale d’Ángel Hernández intitulée «Oratorio for Gaza», avec la participation de Basma El Euchi et Mouna Ben Haj Zekri. Figure majeure de la scène artistique contemporaine mexicaine, Hernández travaille au croisement de la recherche documentaire, de l’engagement social et de l’intervention communautaire.
Il est cofondateur de Teatro para el Fin del Mundo (Théâtre pour la fin du monde), une plateforme artistique dédiée à la création, à l’accompagnement et au plaidoyer, centrée sur la réhabilitation et l’interprétation de lieux en ruine, situés dans des territoires frappés par des violences systémiques. Son écriture scénique se distingue par son exigence, articulant responsabilité sociale, ancrage territorial et faisabilité technique dans des contextes à haut risque.
Au menu le 7 mars, «Ahwa», un concert d’ Asma Ben Ahmed qui s’inscrit dans la tradition des grandes soirées de tarab, où la voix devient récit et la musique espace de mémoire et de partage. Un univers intime, fait d’écoute, d’émotion et de proximité. Entourée de musiciens d’excellence, la chanteuse fera résonner un répertoire arabe classique avec finesse et sensibilité.
Le 11 mars il sera question d’une soirée spéciale «Chams Alik», l’émission culte restaurée et remastérisée en 4K, en présence de son réalisateur Nejib Belkadhi. Les bénéfices de cette projection seront reversés à l’Association de Protection des Animaux de Tunisie (PAT).
Diffusée sur Canal+ Horizons entre juillet 1999 et octobre 2001, «Chams Alik» était un magazine satirique et décalé qui a profondément marqué la télévision tunisienne. Aux côtés de Nejib Belkadhi, Moustique, Amel Smaoui et Imen Métisse parcouraient le pays pour interviewer les habitants sur des sujets variés.
Servie en dialecte tunisien, la satire irrévérencieuse de l’émission tranchait avec les récits en arabe littéraire aseptisés, diffusés sur une télévision nationale étroitement surveillée. Entre interviews, courts sketches humoristiques et playlists musicales, «Chams Alik» offrait un portrait vivant d’une génération audacieuse, prête à questionner, rire et dire ce qu’elle pensait.
Le 13 mars, le public pourra découvrir «Darimba», un projet musical mêlant jazz moderne, pop et musique électronique issu de l’album «USUL» le Wassim Ben Rhouma. Avec son groupe, il proposera une relecture contemporaine aux sonorités jazz du patrimoine musical tunisien.
Le programme se clôturera le 14 mars avec le concert «L’Art du Nai» de Nabil Abdelmoula où l’instrument sera sublimé sous les mains de ce maître qui évolue entre la Tunisie et la France.