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Marché automobile : Pourquoi pas un régime préférentiel généralisé ?

  • 6 mars 19:30
  • 3 min de lecture
Marché automobile : Pourquoi pas un régime préférentiel généralisé ?

Le marché automobile officiel tunisien est-il réellement menacé, comme vient de l’affirmer, tout récemment, la Chambre nationale des concessionnaires et des constructeurs automobiles ?

Franchement, il est difficile de trancher ou encore de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La situation se présente complexe, confuse et surtout contrastée.

La Presse — En termes d’indicateurs, rien ne laisse entendre que le secteur automobile formel est en crise. Il se comporte plutôt bien.

D’ailleurs, l’année 2025 a été marquée par une belle reprise, avec la commercialisation de 63.903 véhicules par des concessionnaires agréés, ce qui vaut un bond de 11,8 % par rapport à 2024.

Où en sommes-nous, donc, de cette menace ? Ibrahim Debache, président de la Chambre nationale des concessionnaires et des constructeurs, pointe du doigt « un marché parallèle qui évolue rapidement et surtout, qui élargit sa part du marché local ».

Il s’agit là d’un segment qui a réussi de progresser, en une seule année, d’environ 31 %, ce qui lui a permis de détenir 30 % des ventes totales.

Et ce ne sont certainement pas les indicateurs du marché parallèle eux-mêmes qui inquiètent, mais plutôt leurs enjeux et leurs implications. O

n pense ainsi à la contrebande, aux homologations et à d’autres fléaux généralement dévastateurs pour l’économie nationale.

Face à un tel constat, Debache estime qu’il est important d’agir avec intelligence et prudence, car il n’est pas question de réprimander ce segment, mais plutôt de le contenir.

Pour cela, il est nécessaire d’entreprendre des dispositions en mesure de réduire l’impact du marché informel sur le réseau officiel et sur l’économie nationale dans son ensemble, à travers notamment l’amélioration des quotas des concessionnaires agréés, la mise en place d’un pare-feu infranchissable, le renforcement du contrôle douanier et l’élaboration de nouveaux textes juridiques qui aident au rajeunissement du parc.

Régularisation progressive

Il est important également de revoir en profondeur la politique d’acquisition de véhicules, que tout le monde qualifie de complexe, coûteuse et disproportionnée par rapport au pouvoir d’achat notamment de la classe moyenne.

En plus de toutes ces questions, l’Etat est en mesure de transformer le problème du marché parallèle en avantage et en tirer, ainsi, profit en misant sur les services personnalisés qui peuvent conduire à la valorisation du segment officiel.

Mais c’est surtout la question de la régularisation, même progressive du marché parallèle qui doit être placée au cœur des priorités.

On reconnaît, en effet, que le manque à gagner fiscal causé est trop important pour rester inactif, surtout pour un pays en plein chantier de redressement économique et en besoin urgent de financement.         

L’élargissement du régime du FCR pourrait constituer une alternative de choix, surtout que les statistiques disponibles confirment la fiabilité d’une telle disposition qui a permis déjà de réduire le marché informel d’environ 25 %.

D’ailleurs l’instauration, récente, d’un régime préférentiel pour l’importation d’une voiture neuve ou d’occasion par les familles tunisiennes résidentes ne manquerait pas de limiter significativement la marge des principaux acteurs du circuit parallèle.

Toutefois, cette nouvelle disposition, encore floue et confuse pour certaines personnes, mérite d’être adossée à un programme de vulgarisation, d’information et de sensibilisation bien soutenu.      

Auteur

Anis SOUADI

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