Révision du code de la nationalité : Aymen Ben Salah veut durcir l’accès à la nationalité tunisienne
Le député à l’Assemblée des Représentants du Peuple, Aymen Ben Salah, a affirmé vendredi 6 mars 2026 que le débat autour de la proposition de révision du Code de la nationalité tunisienne repose sur une méconnaissance du texte actuel.
Interrogé par la radio Mosaïque, Ben Salah a expliqué que le Code en vigueur exige une durée de cinq ans, accompagnée de conditions spécifiques, pour obtenir la nationalité tunisienne. La proposition de révision, quant à elle, prévoit de porter cette durée à dix ans afin de restreindre l’octroi de la nationalité, notamment aux migrants irréguliers qui arrivent en Tunisie en nombre jugé préoccupant.
Le député a précisé que la réforme touche plusieurs articles clés : les articles 8, 9, 10 et 20, ainsi que l’article 38 bis. Certaines dispositions concernent les enfants nés sur le sol tunisien d’un père non tunisien. La proposition vise à préciser l’âge des enfants concernés, en le limitant aux nouveau-nés, et à établir qu’ils ne seront considérés comme tunisiens que si leur filiation paternelle n’est pas établie. Elle prévoit également la déchéance de la nationalité si l’enfant possède une autre nationalité. Ben Salah a souligné que le texte pourrait évoluer après des auditions avec les parties concernées.
Le député a salué ses collègues qui ont initié et soutenu la proposition, les qualifiant de « seule instance ayant mis ce dossier sur la table ». Selon lui, l’objectif est de protéger la Tunisie face à des pressions visant à naturaliser des migrants irréguliers, et de prendre des mesures préventives face à l’arrivée de personnes dont les intentions restent inconnues. Il a par ailleurs exprimé son étonnement quant à l’absence de révision du décret sur les visas, qui a exempté plusieurs pays africains de l’obligation de visa.